SAMEDI

JUILLET
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Sofka Dolgorouky est née en 1907 à Saint-Petersbourg en Russie. Elle est la fille du prince Peter Alexandrovitch Dolgorouky.
Son grand-père, le prince Dolgorouky était grand maréchal à la cour impérial de Russie et un descendants des fondateurs de Moscou.
Elle épouse un russe exilé, Léo Zinovieff en 1931. Divorcée, elle épouse un anglais, Grey Skipwith en 1937. Ils auront un fils, Patrick, né en 1938.
Engagé dans la Royal Air Force, Grey Skipwith sera tué en 1942.
En juin 1940, elle est à Paris. Arrêtée par les Allemands en novembre 1940 en tant que britannique, elle est internée à Besançon.
En 1943, 280 juifs polonais, porteurs de passeports, de titres de propriétés foncières ou de promesses d’autorisations d’immigration vers l’Amérique du Sud (obtenus, soit en bonne et due forme et par précaution au début de la guerre, soit parfois par corruption de fonctionnaires), arrivent de Varsovie pour être internés au Camp de Vittel.
Sofka Skipwith* et Madeleine White* (épouse Steinberg), également britannique, vont essayer de les aider, autant qu'elles le pourront.
En lien avec la résistance française, elles obtiennent de faux papiers qu'elles distribuent à de jeunes juifs internés.
Le 3 avril 1943, Sofka Skipwith* parvient à faire passer à la résistance, dans un tube de dentifrice, la liste des 250 juifs porteurs de passeports sud-américains internés au Camp de Vittel écrite sur du papier à cigarettes.
La résistance française parvient à envoyer cette liste à Lisbonne pour être envoyée à Londres afin d'alerter Balfour, Churchill, les organisations juives internationales et les autorités alliées sur la présence de ces juifs polonais à Vittel.
Sofka Skipwith* et Madeleine White* et quelques autres organisent des cours d'anglais qui les aideront à mieux s'intégrer.
En janvier 1944, les Allemands doutent de l'authenticité de ces passeports sud-américains, d'autant que certains gouvernements sud-américains refusent de reconnaître les documents et les immigrations. Une commission d’enquête de la Gestapo procèdera sur place à un prétendu examen des documents. La plupart d'entre eux seront déportés de Drancy vers Auschwitz les 18 avril et 16 mai 1944, dont le poète Itzhak Katzenelson et son fils Zwi.
Après ces déportations, il ne reste que 60 juifs porteurs de passeports sud-américains.
Sofka Skipwith* et Madeleine White* réussissent, avec l'aide de la résistance française, à faire sortir un certain nombre d'enfants du camp et parviennent à sauver un nouveau né juif après l'arrestation de sa mère à l'hôpital. Elles vont parvenir à faire sortir du camp Franklin Geller, confortablement installé dans un colis vide de la Croix-Rouge.
Madeleine White* parvient également à aider des juifs à se cacher à l’intérieur du camp.
Sofka Skipwith* sera libéré en juillet 1944 lors d'un échange de prisonniers britanniques contre des prisonniers allemands.
Le 2 septembre 1944, les Allemands désertent le camp. Madeleine White* est libérée après 42 mois d’emprisonnement. Rapatriée en Grande Bretagne, elle rentre en France en mai 1945.
Elle sera nommée Juste parmi les Nations en Grande-Bretagne le 14 juin 1998.
Source: http://www.ajpn.org/


par EDNA  482

MERCREDI

MAI
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Simone Lucie-Ernestine-Marie-Bertrand de Beauvoir est née à Paris, au 103 boulevard du Montparnasse, le 9 janvier 1908, issue d’un milieu aisé (son père est avocat), est l’aînée d’une famille de deux enfants. Sa mère est une catholique dévote qui élève ses deux filles dans un cadre strict et traditionnel.
Elle fit ses études jusqu’au baccalauréat dans le très catholique Institut Désir entre 1913 et 1925.
À l’adolescence, Simone de Beauvoir devient athée et décide de consacrer sa vie aux études et à l’écriture.
Des revers de fortune obligent sa famille à déménager au 6e étage du 71 rue de Rennes. Simone vit là, sans ascenseur ni eau courante, jusqu’en 1929.
Elle étudie la philosophie à la Sorbonne à Paris où elle rencontre Jean-Paul Sartre avec qui elle partagera sa vie. Elle passe son agrégation en 1929 à l’âge de 21 ans. Il est reçu premier au concours et elle, seconde. Pour être indépendante et s’éloigner en particulier d’une mère omniprésente, elle s’installe ensuite dans un petit studio appartenant à sa grand-mère, 91 avenue Denfert-Rochereau, où elle vit jusqu’en 1931.
Elle enseigne la philosophie à Marseille en 1931-1932, puis à Rouen. Elle ne revient à Paris comme professeur de philosophie au lycée Molière qu’en 1936. Sartre a alors été muté à Laon.
Elle achève Quand prime le spirituel en 1939, mais ne le publiera qu’en 1979.
Elle arrête l’enseignement en 1943, année où son premier livre, L’invitée, est édité.
Ardente avocate de l’existentialisme incarné par son compagnon Jean-Paul Sartre, elle soulève des questionnements afin de trouver un sens à la vie dans l’absurdité d’un monde dans lequel nous n’avons pas choisi de naître. Associée à celle de Sartre, son oeuvre s’en différencie dans la mesure où elle aborde le caractère concret des problèmes préférant une réflexion directe et ininterrompue sur le vécu.
Paru en 1949, le célèbre Deuxième sexe, où s’exprime avec virulence et sur un ton nouveau le refus de l’infériorité 'naturelle' de la femme, devient l’ouvrage de référence du mouvement féministe mondial. À partir de 1947, les voyages se succèdent, aux États-Unis, où elle séjourne en 1950, en Afrique et en Europe.
En 1954, le prix Goncourt attribué à son roman Les mandarins où revivent les années glorieuses du groupe existentialiste confronté à des choix politiques et intellectuels délicats attire sur son oeuvre l’attention du grand public.
Elle continue à voyager, en Chine (1955), à Cuba et au Brésil (1960), en Union soviétique (1962) tout en poursuivant la rédaction de ses mémoires et son action pour la libération de la femme.
En 1971, elle assure la direction d’une revue d’extrême gauche 'Les Temps Modernes' qu’elle a fondée avec Sartre.
À partir de 1980, après la mort de Sartre, sa santé physique et mentale se détériore à cause de sa dépendance à l’égard de l’alcool et des amphétamines. Elle meurt le 14 avril 1986, à l’hôpital Cochin, à l’âge de 78 ans et est enterrée dans la même tombe que Sartre.
Cette biographie de Simone de Beauvoir vous a été présentée par mes-biographies.com
par EDNA  262

MARDI

MAI
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Catalina de Erauso naît à Saint-Sébastien, au pays basque, en Espagne en 1592
Elle est la fille de Miguel de Erauso y de María Pérez de Gallárraga y Arce. Son père est un militaire d'un grade important, commandant de la province aux ordres du roi Felipe III.
Encore enfant, peut-être dès quatre ans, elle entre au couvent dominicain de Saint-Sébastien en même temps que ses sœurs Isabel et María. Sa tante Úrsula de Urizá y Sarasti, soeur de sa mère, y est prieure. Catalina doit être élevée selon les règles du catholicisme et est destinée à devenir nonne.
En raison de son caractère explosif, elle est bientôt transférée au monastère San Bartolomé de Saint-Sébastien, où les règles sont plus strictes, et elle y vit jusqu'à ses quinze ans. Elle se rend alors compte qu'elle n'a pas la vocation pour devenir nonne et refuse de prononcer les vœux. Après une énième bagarre avec une autre pensionnaire nommée Catalina de Aliri, qui vaut à Catalina de Erauso d'être enfermée en cellule, Catalina de Erauso décide de quitter le couvent.
Une nuit, elle vole les clés du couvent et s'enfuit, habillée en homme. Elle n'a alors même jamais vu une rue.
Départ du couvent
Elle s'habille alors en homme et prend le nom de "Francisco de Loyola", puis quitte San Sebastian pour Valladolid. Depuis là, elle visite Bilbao où elle s'enrôle sur un navire avec l'aide de quelques compatriotes basques. Elle arrive en Amérique espagnole et s'engage comme soldat sous le nom de Alonso Díaz Ramírez de Guzmán. Elle sert sous les ordres de plusieurs capitaines, dont, semble-t-il, son propre frère.
Soldat
Elle sert au Chili durant la guerre d'Arauco contre les indiens mapuches (alors appelés les Araucans). Elle acquiert alors une réputation de soldat courageux, de joueur et de bagarreur. Cette carrière militaire animée culmine par sa promotion au grade de lieutenant, titre qui combiné avec sa jeunesse au couvent lui vaudra le surnom de La nonne lieutenant (La Monja Alférez).
Elle était semble-t-il une duelliste acharnée, responsable de la mort de douzaines d'hommes. Selon son autobiographie, parmi eux, son propre frère qu'elle tua par inadvertance lors d'une altercation nocturne. Elle prétend ne l'avoir pas reconnu avant d'entendre ses cris d'agonie dans la nuit.
Commerçante
Elle fait également du commerce, toujours avec des hommes d'affaires basques. Elle continue ses duels et tue indistinctement des soldats, des fonctionnaires ou des officiers de la Couronne espagnole. Elle doit à plusieurs reprises trouver refuge dans des églises, demandant le droit d'asile, pour empêcher les soldats de l'arrêter. Ses origines basques lui permettent toujours de retrouver un emploi, malgré son passé criminel.
Elle rompt à plusieurs reprises des promesses de mariage avec plusieurs femmes.
Bien que condamnée à mort plusieurs fois, elle parvient à fuir le Chili pour ce qui est aujourd'hui l'Argentine, la Bolivie et le Pérou
Après un duel à Cuzco lors duquel elle tue un homme, elle est gravement blessée et confesse son sexe sur ce qu'elle pense être son lit de mort. Elle survit cependant et après une convalescence de quatre mois elle part pour Guamanga. Là-bas, pour échapper à de nouveaux ennuis, elle confesse publiquement son sexe à l'évêque . À son invitation, elle entre alors au couvent et son périple continue des deux côtés de l'océan. En 1620, elle travaille chez l'archevêque de Lima, puis en 1624, elle arrive en Espagne.
Elle se rend à Rome puis dans le reste de l'Italie où elle obtient une notoriété telle qu'elle obtient du Pape Urbain VIII une dispense spéciale l'autorisant à porter des vêtements masculins. Son portrait, peint par Francesco Crescenzio sera perdu.
En 1626, le voyageur et explorateur italien Pietro della Valle mentionne Catalina de Erauso dans sa dix-septième lettre de Rome, datée du 11 juillet et adressée à son ami Mario Schipano : il dit avoir accueilli chez lui le 5 juin « l’Alfiere Caterina d’Arcuso, Biscayenne, arrivée la veille même d’Espagne », qui lui est présentée par son ami Rodrigo de San Miguel. Le peintre Francesco Crescentio fait alors un portrait d'elle.
De retour en Espagne, Francisco Pacheco (le beau-père de Velázquez) fait son portrait en 1630.
Elle quitte à nouveau l'Espagne en 1645, cette fois pour la Nouvelle-Espagne avec la flotte de Pedro de Ursua, elle devient conducteur de mules sur la route de Veracruz. Là-bas, elle se fait appeler Antonio de Erauso.
Catalina de Erauso meurt à Cuetlaxtla en 1650.
par EDNA  320

MERCREDI

AVRIL
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Marie 1ère d’Écosse — également connue dans sa forme gaélique écossaise de « Mairi Ire » ou encore sous le nom de « Marie, reine des Écossais » (Mary, Queen of Scots en anglais) — née Marie Stuart (8 décembre 1542 et morte le 8 février 1587), était une souveraine du royaume d’Écosse et reine de France qui fut emprisonnée en Angleterre par sa cousine, la reine Élisabeth Ire d’Angleterre. Après avoir été condamnée pour trahison, elle fut exécutée à la hache en 1587.
Fille de Marie de Guise et de Jacques V d’Écosse, elle doit son nom de Stuart à la francisation de la maison Stewart, nom de la branche dynastique de son père1.
Marie Stuart fut reine d’Écosse à la mort de son père, quasiment dès sa naissance — elle n'a alors que six jours — du 14 décembre 1542 au 24 juillet 1567. Elle est probablement la plus connue des souverains écossais, en grande partie à cause de son destin tragique qui inspira écrivains, compositeurs et cinéastes. Elle fut aussi reine de France à dix-sept ans (de 1559 à 1560), après l’accession au trône de son époux François II. De fait, en Europe, elle fait partie des rares reines régnantes d’un État donné, à avoir été en même temps reine consort d’un autre État (la France), à l’instar de Marie Ire d’Angleterre qui fut juste avant elle reine consort de l'Espagne dirigée par Philippe II. De plus, elle était la prétendante d'un troisième État, l'Angleterre (comme reine régnante également), de par la descendance non pas de son père et grand-père - de Stuarts écossais - mais aussi de sa grand-mère Marguerite d'Angleterre, sœur d'Henri VIII et donc héritière du trône anglais à partir du moment où la descendance d'Henri VIII s'éteint et/ou est considérée comme illégitime.
Marie se maria trois fois. À 15 ans, elle épousa tout d’abord, le 24 avril 1558 à Paris, François de France (alors âgé de 14 ans, il est le fils de Henri II) qui devint roi de France en 1559 sous le nom de François II. Six ans plus tard, elle épouse en secondes noces à Édimbourg, Henry Stuart, dit « Lord Darnley » et comte de Lennox qui devint par ce mariage duc d’Albany et roi d’Écosse. Enfin le 15 mai 1567 2, elle s’unit à James Hepburn, comte de Bothwell qui devint duc des Orcades et prince consort d’Écosse.
par EDNA  329

MARDI

AVRIL
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Une enfance dorée et un mariage clinquant
Isabel est née en 1567, à Lima ou en Galice, personne n’est vraiment d’accord. Ce qu’on sait, c’est qu’elle a onze frères et sœurs, c’est beaucoup.
Au Pérou, il est de coutume que les garçons prennent le nom de leur père : Barreto, et les filles de la mère : Del Castro. Or, comme si son père voulait la distinguer de toutes ses sœurs, il décide de donner son nom à la petite Isabel. De plus, il va lui donner la même éducation que ses fils. Petite fille, elle apprend le maniement des armes, les mathématiques et la géographie (ce qui va s’avérer très utile).
A 18 ans, Isabel épouse Alvaro de Mendaña , de plus de 20 ans son aîné. C’est un célèbre navigateur. D’ailleurs, le mec a découvert les îles Salomon l’année de naissance d’Isa ! Son rêve c’est de pouvoir repartir vers l’ouest pour découvrir le pacifique. Mais le problème c’est qu’il n’a pas d’argent. Malgré son aller-retour en Espagne pour convaincre le Roi Felipe de subventionner le voyage. Du coup, pour payer les bateaux (4), l’équipage, les réserves et tout le bordel, c’est pas évident. Enfin, jusqu’à son mariage avec la p’tite Isa. Bin, oui ! Il va utiliser la dot de sa femme plus l’argent du beau-père, ainsi que de nombreux investisseurs privés pour conquérir le cinquième continent !
À la conquête du monde
Lors du Départ, Isa a 27 ans. Il y a quatre bateaux, dont un qui est une véritable arche de Noé avec des couples de nombreux animaux (cheval, jument, poule, coq, vache, taureau, bref tu as compris). L’idée c’est quand même de coloniser. Il faut des hommes (il y en a 400), et de quoi s’assurer de pouvoir travailler, manger et se reproduire.
Les premières iles à être rencontrées par Isabelle et son mari seront surnommées : Les Iles marquises, en hommage à la Marquise de Mendoza, meilleure amie d’Isabel. Durant le voyage, les mecs vont souvent se mutiner, surtout les investisseurs. C’est vrai quoi, ils ont misé énormément de fric, et les mecs sont pas capables de trouver une île avec de l’or. Les tocards. Parmi les mutins, on peut citer Quiros, le pilote de l’expédition, il s’agit d’un marin aguerri qui déteste la présence d’une meuf sur le bateau, d’une meuf qui commande ! Ça le rend fou et va tenter plusieurs fois de la faire disparaître, notamment à la mort de Alvaro de Mendaña. Et oui, pas de bol, le mec meurt à l’autre bout du monde de la malaria sans avoir atteint son but. Aussi peu de temps avant de mourir, il nomme sa femme remplaçante, Isabel est désormais gouverneure ! Elle a TOUT le pouvoir. TOUT. Quiros doit lui obéir, elle a trouvé les fonds, réunis les soldats, lui n’est que pilote. Il est super véner, mais vu qu’Isabel n’hésite pas à massacrer ceux qui ne respectent pas son autorité… Il n’a pas d’autre choix que de la fermer et obéir !
Le trafic aux Philippines pour assurer la retraite au Pérou
Les équipages doivent rejoindre San Cristobal, ou encore les Philippines pour contrer la menace chinoise. Et oui. Les Chinois sont partout. Et vous savez ce qu’il font ? Ils copient l’art espagnol pour le revendre à moindre prix dans les colonies (en Amérique du Sud principalement). Les Chinois sont mal payés, mal traités (tout comme aujourd’hui) c’est une aubaine pour les colons. Par contre, les marchands espagnols font sacrément la gueule.
Lorsque Isabel et son équipage arrivent aux Philippines, ils sont accueillis comme des rois. Et pourtant, ils vont mettre en place un gros trafic. Très gros. Avec les Chinois. Lutter contre la colonisation chinoise d’iles, oui, ne pas en profiter pour se faire du fric, non ! Aussi, elle va travailler avec un certain Fernando de Castro, il est jeune, il est frais, il est aristocrate. Et elle, elle a le fric. Ils se marient, c’est une histoire qui roule. Enfin, jusqu’à ce que par un grand malheur. Fernando tombe de son cheval et devient impuissant… à partir de là, notre Isa va avoir quelques amants.
Isabel et son Fernando vont faire de nombreux allers-retours entre le Pérou et les Philippines. Dans un sens les bateaux sont pleins de victuailles pour les colons, dans l’autre sens, la cale est pleine de contrefaçons chinoises !
L’argent coule à flots, la retraire est assurée. Maintenant, les historiens manquent toujours de documents quant à la mort d’Isabel, certains disent en mer, au Pérou, et d’autres en Espagne.
Source: racontemoilhistoire.com

par EDNA  416

LIEN

MARDI

MARS
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Isabelle Wilhelmine Marie Eberhardt est née le 17 février 1877 à Genève . Ecrivaine suisse, de parents d'origine russe, devenue française par mariage.
Fille illégitime, Isabelle est née d'une mère issue de la noblesse russe d'origine allemande, Nathalie de Moerder (née Eberhardt) et exilée et mariée au général Pavel de Moerder, et d'un père né en Arménie, Alexandre Trophimowsky, anarchiste et de pensée tolstoienne, qui était le précepteur des enfants avant la mort du général.
Elle est née et a grandi près de Genève à « la villa Neuve ».
Elle s'installe à Bône en Algérie avec sa mère en 1897. Isabelle préférait habiter les quartiers algériens plutôt que les quartiers européens qu'elle détestait .
Elle a eu durant son séjour bonois une relation avec Mohamed Khodja et commence à être attirée par la religion musulmane avant de finir par se convertir à l'Islam.
Aux côtés des Algériens, elle décide de vivre comme une musulmane et s'habille en homme algérien. Elle s'installe tout d'abord à Batna dans les Aurès en 1899 où l'on peut encore voir, dans le quartier populaire de Zmala, en face du Sidi Merzoug, la maison qu'elle a longtemps habitée et qui tombe en ruines.
Après la mort de sa mère, elle vit plusieurs mois en nomade entre Batna, bni Mzab et Oued Souf et rencontre Slimane Ehnni, musulman de nationalité française, sous-officier de spahi, soupçonné d'exercer des activités d'espionnage.
Lors d'un passage par le village de Behima (actuellement Hassani Abdelkrim) accompagnant Si El Hachemi chef religieux de la confrérie des Kadiryas, elle est victime d'une tentative d'assassinat le 29 janvier 1901 orchestrée par une confrérie soufie opposée à la sienne.
La même année, elle épouse Slimane (après avoir été contrainte de quitter l'Algérie par les autorités coloniales en 1900), et obtient ainsi la nationalité française.
Son mariage lui permet de revenir en Algérie, où elle collabore au journal arabophile El Akhbar dirigé par Victor Barrucand. Elle est envoyée à Aïn Sefra comme reporter de guerre pendant les troubles près de la frontière marocaine. Elle côtoie Maxime Noiré qu'elle qualifie de « peintre des horizons en feu et des amandiers en pleurs ».
En novembre 1903, à Beni Ounif, elle fait la connaissance du général Lyautey qui apprécie sa compréhension de l'Afrique et son sens de la liberté, disant d'elle: « elle était ce qui m’attire le plus au monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace, quel régal ! »
Le 21 octobre 1904, à Aïn Sefra, l'oued se transforme en torrent furieux et la ville basse, où elle rési