VENDREDI

OCTOBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Stéphany Julianne Richter puis princesse Stephanie von Hohenlohe (16 septembre 1891 - 13 juin 1972), danseuse autrichienne et juive, entra par mariage dans une famille princière allemande, fut une amie proche d'Adolf Hitler et espionna pour l'Allemagne nazie.
Jeunesse
Elle naquit à Vienne, fille de Ludmilla Kuranda et de Johann Sebastian Richter, avocat. En 1906, elle entra à l'école de ballet de l'Opéra de la Cour de Vienne. Sa beauté, son charme et son élégance lui permirent de fréquenter la meilleure société viennoise.
Âgée d'un peu plus de vingt ans, elle commença une liaison avec l'archiduc François-Salvator, 47 ans, gendre de l'empereur François-Joseph Ier du fait de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Valérie d'Autriche.
Comme elle se retrouva enceinte de lui, on résolut cette question délicate en lui faisant épouser à Londres le 12 mai 1914 un prince allemand de la maison de Hohenlohe, Frédéric-François de Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst.
Le 5 décembre 1914 naquit à Vienne Franz Josef (Franz Josef Hans Rudolf Weriand Max Stefan Anton von Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst).
L'entre-deux-guerres
La princesse Stéphanie et son mari divorcèrent en 1920. Vivant dans divers endroits d'Europe dont Paris, au fil des années elle se créa des amitiés et des relations étroites avec un certain nombre d'hommes puissants et influents, dont un diplomate nazi important, Joachim von Ribbentrop.
Ses origines juives ne l'empêchèrent pas de se lier de près à la hiérarchie nazie, et même avec Hitler qui l'appelait sa « chère princesse ».
Elle était amie intime avec Hermann Göring et Heinrich Himmler lui-même la déclara « Aryenne d'honneur ». Selon un rapport du MI6 datant de 1938, « le Führer parle souvent d'elle, il apprécie son intelligence et ses bons conseils. Elle est peut-être la seule femme capable d'exercer une influence sur lui. »
En 1932, elle fixa sa résidence à Londres dans l'élégant Dorchester Hotel à Mayfair. Appartenant à la plus haute noblesse allemande, elle était accueillie dans l'élite britannique, ce qui fit d'elle bien vite une propagandiste et une espionne de la plus haute importance pour Hitler qui venait d'accéder au pouvoir.
Parmi ses amis proches on comptait Lady Margot Asquith, l'épouse de l'ancien Premier ministre Herbert Henry Asquith, Lady Ethel Snowden, l'épouse d'un ancien chancelier de l'Échiquier, et Lady Londonderry et son mari Charles Vane-Tempest-Stewart, 7e marquis de Londonderry .
La princesse Stéphanie lia également amitié avec Lord Rothermere, l'influent propriétaire du Daily Mail et du Daily Mirror, journaux qui admiraient Hitler et plaidaient pour une alliance avec l'Allemagne.
Elle obtint de lui une rémunération annuelle de 5 000 £ (200 000 £ d'aujourd'hui). Toutefois, en 1939, leurs relations se détériorèrent au point que Rothermere cessa de la payer. Durant le procès qu'elle intenta devant un tribunal britannique et qu'elle finit par perdre, elle affirma que ce magnat de la presse lui avait promis une rémunération annuelle à vie.
À côté des services qu'elle rendait à Lord Rothermere, la princesse Stéphanie s'occupait également de faire passer des messages secrets à diverses autres personnalités britanniques qui avaient des sympathies pour le régime nazi et de transmettre leurs réponses.
En 1937 elle s'arrangea pour que Lord Halifax se rendît en Allemagne et y rencontrât Hermann Göring avec qui elle était amie.
Plus important encore pour la cause allemande fut le rôle qu'elle joua en 1937 dans l'organisation de la visite du duc de Windsor et de la duchesse Wallis, son épouse.
En 1937, la princesse Stéphanie commença une liaison avec Fritz Wiedemann, conseiller personnel d'Hitler.
Lorsqu'il fut nommé au poste de consul général à San Francisco, elle le rejoignit à la fin de l'année.
En 1938, les nazis confisquèrent les biens des juifs autrichiens, y compris le palais de Leopoldskron à Salzbourg qui avait appartenu au directeur de théâtre Max Reinhardt. Cette propriété fut remise par Hermann Göring à la princesse Stéphanie qui reçut la mission de la transformer en une maison où seraient reçus les artistes du Reich et qui aiderait à recevoir les invités d'Hitler au Berghof.
La Deuxième Guerre mondiale
Elle revint en Angleterre un an plus tard, mais quitta le pays dès qu'eut éclaté la Seconde Guerre mondiale, craignant peut-être de se voir arrêtée comme espionne allemande.
Elle retourna à San Francisco auprès de Fritz Wiedemann. À son arrivée, le gouvernement des États-Unis la plaça immédiatement sous surveillance
Vers la fin de 1940, elle se sépara de Fritz Wiedemann et fut détenue pendant plusieurs jours en mars 1941 par les services de l'immigration américains.
Elle ne fut pas longue à séduire le major Lemuel B. Schofield, qui dirigeait les services d'immigration et de naturalisation aux États-Unis.
Il l'installa dans un hôtel de Washington DC où ils eurent une liaison de plusieurs mois. Des documents publiés après sa mort montrent que pour l'Office of Strategic Services (OSS) qui venait d'être créé, la princesse Stéphanie a fourni les vues des plus intéressantes sur le caractère d'Hitler, qui ont aidé le professeur Henry A. Murray, Directeur de la Harvard Psychologic Clinic, et le psychanalyste Walter C. Langer à préparer en 1943 un rapport pour l'OSS intitulé Analyse de la personnalité d'Adolf Hitler.
par EDNA  26

SAMEDI

SEPTEMBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Ana de Mendoza y de la Cerda, princesse d'Éboli, duchesse de Pastrana et comtesse de Mélito, née le 26 ou 27 juin 1540 à Cifuentes et morte le 2 février 1592 à Pastrana, est une aristocrate espagnole.
Ana de Mendoza appartient à la puissante famille castillane des Mendoza. Fille unique de Diego Hurtado de Mendoza y de la Cerda, vice-roi d'Aragon, et de María Catalina de Silva y Toledo, on la marie à l'âge de douze ans avec Ruy Gómez de Silva, prince d'Éboli, une ville du Royaume de Naples. Ce mariage est souhaité par le prince Philippe, futur roi Philippe II. Durant les cinq premières années du mariage, Ana passe seulement trois mois avec son époux, ce dernier se rendant souvent en déplacement en Angleterre.
Elle est une des femmes les plus talentueuses de son temps et on la considère comme une des plus belles aristocrates de la Cour d'Espagne malgré une anomalie qui l'oblige à porter en permanence un cache-œil au niveau de l'œil droit. Les causes de ce défaut visuel sont encore méconnues de nos jours, certains parlent de strabisme, d'autres avancent l'hypothèse d'une monophtalmie (un œil perdu ou blessé) due au contact avec le tranchant d'un fleuret lors de son enfance. Sa beauté, son caractère hautain, son amour pour le luxe et bien entendu son énigmatique œil droit lui sont indissociables.
Conflit avec sainte Thérèse d'Avila
Elle sollicite la construction de deux couvents de sœurs carmélites à Pastrana. Cependant elle s'oppose aux religieuses, en particulier à Thérèse d'Avila, car elle souhaite avoir le contrôle absolu des projets. Ruy Gómez de Silva calme les ardeurs de son épouse, mais les mésententes reviennent à nouveau après la mort de celui-ci. En effet, la princesse désire entrer dans les ordres avec ses propres servantes. Thérèse d'Avila accepte, bien malgré elle, et la loge dans une chambre très modeste. Bien vite, l'aristocrate se lasse de cette vie et elle emménage dans une maison proche du couvent avec ses domestiques où elle peut garder ses robes et ses bijoux et être en contact avec le monde extérieur. Devant cette attitude assez déconcertante, sur ordre de Thérèse, toutes les religieuses abandonnent Pastrana, laissant Ana seule. Cette dernière, revient à son palais de Madrid et rédige une biographie controversée de Thérèse qui sera interdite pendant dix ans par l'Inquisition.

par EDNA  38

VENDREDI

JUILLET
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Dorian Leigh (née Dorian Elizabeth Leigh Parker ; 23 avril 1917, San Antonio (Texas) - 7 juillet 2008, Falls Church (Virginie)) est un mannequin américain considérée comme une des toutes premières icônes de l’industrie de la mode
Elle travaille de la fin des années 1940 jusqu'au début des années 1960 en posant pour les photographes les plus prestigieux de son époque. Bien qu'elle soit demandée pour des couvertures de magazines, Leigh devient aussi l'égérie de la ligne de cosmétiques Fire and Ice de Revlon. Elle serait également la source d'inspiration du personnage Holly Golightly du roman de Truman Capote intitulé Diamants sur canapé
Après la fin de sa carrière de modèle, Leigh ouvre sa propre agence de mannequinat à Paris, mais à cause des activités frauduleuses de son quatrième mari, l'agence doit être fermée. Leigh abandonne alors définitivement le monde de la mode et se lance dans une carrière de chef et de traiteur à Paris, à New York et en Italie. En 1980, Leigh publie son autobiographie The girl who had everything (littéralement «La femme qui avait tout»)
Elle publie aussi des poèmes dans The New Yorker.

par EDNA  182

VENDREDI

MARS
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Inès Armand ou Inessa Armand, née le 8 mai 1874 à Paris et morte le 24 septembre 1920 du choléra à Naltchik (Caucase), est une femme politique communiste d'origine française. Elle fut l'une des maîtresses de Lénine.
Née Élisabeth Pécheux d'Herbenville, elle est la fille du chanteur d'opéra Théodore Pécheux d'Herbenville (connu sous le nom de scène Théodore Stéphane), et de Nathalie Wild, une comédienne1. Son père décède alors qu'elle n'a que cinq ans. Une année plus tard, elle part pour Moscou avec sa tante Sophie qui est professeur de musique dans la famille de Ievgueni Yakovlevitch Armand, un très riche fabricant de textiles. L'ancêtre des Armand, officier dans l'armée de Napoléon, avait préféré s'établir à Moscou plutôt que de rentrer en France. Appelée Inès dans sa famille, elle devint vite Elizaveta Inessa Fedorovna Steffen. Chez les Armand, elle joue avec Alexandre (Alexandre Ievguenievitch Armand)2, le fils aîné, et Vladimir dit Volodia (Vladimir Ievguenievitch Armand), le cadet. Les Armand sont des libéraux, qui prônent des réformes, à l'inverse de la politique conservatrice du tsar. Inessa apprend quatre langues, joue du piano et s'habille chez les meilleurs couturiers. À 17 ans, elle obtient son diplôme d'institutrice.
D'un doctorat à Paris à la révolution russe
À partir de l'automne 1910, Inès Armand vit à Paris. Elle a commencé les recherches pour sa thèse de doctorat qu'elle ne pourra finir puisque, dès l'été 1910, elle travaille principalement pour le parti. Elle est la plus proche collaboratrice de Lénine. Il lui loue un appartement au no 2 de la rue Marie-Rose (XIVe arrondissement alors que lui, sa femme Nadejda Kroupskaïa et sa belle-mère résident au no 4 (il habitait auparavant le no 24 de la rue Beaunier, dans le même arrondissement5). Elle lui écrit : « Tu m'as très fortement impressionné. J'avais une envie folle de m'approcher de toi, mais j'aurais préféré mourir sur-le-champ plutôt que d'ouvrir la porte conduisant à ton bureau4. » Il est profondément amoureux d'elle, l'homme politique socialiste français, Charles Rappoport, déclarant que Lénine n'arrive pas à : « détacher ses yeux mongols de la petite »5. Ils se téléphonent plus qu'ils ne s'écrivent.
Du 28 août au 3 septembre 1910, Inès Armand assiste avec Lénine au Congrès de l'Internationale socialiste des femmes, à Copenhague (Danemark). Ils rencontrent Karl Kautsky, Victor Adler, Jean Jaurès, Clara Zetkin, Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontaï et Julius Martov. Ils restent ensuite dix jours ensemble pour visiter la ville.
Début 1911, elle devient professeur d'économie politique dans l'école pour agents clandestins récemment fondée par Lénine à Longjumeau (Seine-et-Oise). Roman Malinovski, un agent double au service de la police du tsar Nicolas II (l'Okhrana) rédige un rapport où il indique : « Lénine est, chaque jour, assis au premier rang, afin de pouvoir la regarder5 ». Elle participe aux conférences du mouvement de Zimmerwald et à la conférence internationale des femmes à Berne, en 1915, à la réalisation desquelles elle contribue de manière essentielle. En avril 1917, elle revient avec Lénine en Russie.
Sa liaison secrète avec Lénine a été cachée pendant le reste de l'histoire de l'URSS pour ne pas froisser l'image de Lénine véhiculée par la propagande, celle d'un mari fidèle. Leur correspondance intime est conservée à l'Institut du marxisme-léninisme, à Moscou5.
Après la Révolution russe, elle s'engage en faveur des revendications féminines, entre autres comme membre du Comité du parti, du Comité exécutif et du Jenotdel (créé avec Alexandra Kollontaï) du Comité central, qu'elle préside de 1919 à sa mort. Néanmoins, les nouvelles responsabilités de Lénine les éloignent, et il ne s'enquiert qu'un peu tard de la santé défaillante d'Inès.
Féministe, adversaire du mariage, elle défend « le droit à l'amour libre et à la passion »
par EDNA  214

VENDREDI

MARS
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Pocahontas (vers 1595 – 21 mars 1617) est une Amérindienne de la confédération de tribus Powhatans, fille de Nonoma Winanuske Matatiske et Wahunsunacock (aussi appelé Chef Powhatan et qui régnait alors sur presque toutes les tribus de la région Tsenacommacah).
Ses vrais noms étaient Matoaka (« Petite plume de neige ») et Amonute (nom qui dénoterait un statut d'initiée et de praticienne de la « Dream Vision »1)2. Pocahontas était un surnom d'enfance se rapportant à sa nature espiègle (dans la langue Powhatan, Pocahontas signifie « petite dévergondée »). En anglais, elle a également été appelée Rebecca après son baptême chrétien, puis Rebecca Rolfe après son mariage avec John Rolfe.
Sa vie, qui constitue un des mythes fondateurs des États-Unis, est à l'origine de beaucoup de légendes et d'adaptations littéraires et cinématographiques .
Descendance
Rebecca et John Rolfe ont eu un enfant, Thomas, né dans la ferme de Varina en 1615 avant que ses parents ne partent pour l'Angleterre.
Beaucoup de vieilles familles de Virginie font remonter leur lignée à Pocahontas et Wahunsunacock via Thomas Rolfe. C'est par exemple le cas d'Edith Wilson, épouse du président américain Woodrow Wilson ; Nancy Reagan, épouse du président Ronald Reagan ; George Wythe Randolph, général et homme politique sudiste ; Richard Byrd, explorateur et aviateur ; ; Pauline de Rothschild ou encore Percival Lowell
par EDNA  55

MARDI

FEVRIER
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Fanny Kaplan, née Feiga Chaimovna Roytblat (ou Rojtman), dans l'Empire russe, le 10 février 1890, exécutée à Moscou le 3 septembre 1918, est une militante du Parti socialiste-révolutionnaire russe.
Auteur de l'attentat contre Lenine
Pendant la guerre civile russe, les socialistes révolutionnaires organisent une tentative d'assassinat de Lénine le 30 août 1918.
Lénine visite ce jour-là l'usine de Mihélson (завод Михельсона) de Moscou. Lorsqu'il quitte le bâtiment pour regagner son véhicule, Fanny Kaplan l'interpelle. Quand Lénine se tourne vers elle, elle tire trois coups de feu. L'une des balles passe à travers le manteau de Lénine, les deux autres le touchent à l'épaule gauche et au poumon. Lénine retourne dans ses appartements au Kremlin. Il craint un autre attentat contre lui et refuse de quitter la sécurité du Kremlin pour se faire soigner. Les médecins arrivés pour le soigner se déclarent incapables de retirer les balles en dehors d'un hôpital. Cependant, il survit.
Kaplan est arrêtée et interrogée par la Tchéka. Elle déclare : « Je m'appelle Fanny Kaplan. J'ai tiré sur Lénine aujourd'hui. Je l'ai fait volontairement. Je ne dirai pas d'où provient le revolver. J'étais résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Je le considère comme un traître à la Révolution. J'ai été exilée à Akatui pour avoir participé à la tentative d'assassinat du tsar à Kiev. J'ai passé là-bas sept ans à travailler dur. J'ai été libérée après la Révolution. J'étais en faveur de l'assemblée constituante et je le suis toujours. »
Son arme a été fournie par Boris Savinkov. Fanny Kaplan est exécutée sans jugement le 3 septembre 1918. Elle est brûlée dans la cour de la Tchéka, après avoir été battue à mort. Elle déclare avant de mourir : « J'ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traître au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserves pour le gouvernement de Samara et pour la lutte contre l'Allemagne aux côtés des Alliés. » Quelques jours plus tard, Grigori Petrovski, commissaire du peuple à l'intérieur, encourage les exécutions et déclare : « Il est grand temps de mettre fin à toute cette mollesse et à cette sentimentalité. »
Le 5 septembre, le Conseil des commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge
par EDNA  76

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DIMANCHE

FEVRIER
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Adrienne Armande Pauline Bolland, née le 25 novembre 1895 à Arcueil1 et morte le 18 mars 1975 dans le 16e arrondissement de Paris, est une aviatrice française célèbre pour avoir été la première femme au monde à effectuer la traversée par avion d'une partie de la Cordillière des Andes.

Adrienne Bolland obtient son brevet de pilotage le 29 janvier 1920 après une formation débutée le 16 novembre 1919 à l'école de pilotage Caudron située au Crotoy (baie de Somme), devenant ainsi la 13e femme titulaire d'un brevet de pilote et elle réussit également la performance d'être la première femme pilote d'essai engagée par René Caudron, le 1er février 1920 et ce, pour trois ans7. Le 25 août 1920, elle est la première femme pilote à traverser la Manche depuis la France (Harriet Quimby l'avait traversée, quant à elle, depuis l'Angleterre en 1912).
Grand projet, grand exploit
Au grand rassemblement aérien de Buc des 8, 9 et 10 octobre 19209, elle est la seule femme à piloter (Melle Farman étant encore trop jeune pour avoir reçu son brevet10), aux côtés des as Fonck, Nungesser, Romanet, Casale, Bossoutrot... Elle entend parler des « macchabées de la cordillère des Andes » et supplie Caudron de l'envoyer là-bas, « juste pour voir ».
Arrivée à Buenos Aires en janvier 1921 avec deux G.3 démontés dans des caisses, et le mécanicien René Duperrier de la firme Caudron à ses côtés, elle réalise la propagande commerciale demandée par l'avionneur sitôt les avions arrivés et remontés. Mais dès son installation à l'hôtel Le Majestic, la presse argentine met au défi l'aviatrice de passer la cordillère des Andes. Piquée au vif dans son orgueil, elle décide, à la mi-mars, de rejoindre Mendoza, malgré le refus de Caudron de lui envoyer un avion plus puissant. Elle arrive en train, dans la capitale de la province nichée aux pieds de la cordillère, le dimanche 20 mars, avec un des deux G.3 et fait deux essais devant toute la ville, avant de s'envoler à l'aube du 1er avril. Le plafond du Caudron G.3 (construit en bois et toile, moteur le Rhône de 80 ch) est à 4 000 mètres, alors que la route qu'elle a choisie (la plus directe, à la différence de ses prédécesseurs, par le Col de la Cumbre et le monument du Christ Rédempteur des Andes) la fait passer à proximité du point culminant de la chaîne, l'Aconcagua, à 6 962 mètres d'altitude. En partant, elle est convaincue de ne jamais sortir vivante de cette traversée sans carte ni instrument de navigation.
Après 4 h 15 d'un vol épique, où elle se perd et doit chercher son chemin entre les flancs à pic des montagnes, à une moyenne de 50 kilomètres à l'heure, après un choix vital qui la rendra célèbre lorsqu'elle révélera comment se prit sa décision, elle se pose sur la piste de Lo Espejo, l'école militaire d'aviation de Santiago du Chili - aujourd'hui El Bosque
Elle reçoit au Chili un accueil d'autant plus triomphal que l'exploit paraissait invraisemblable. Grand absent, le Consul de France à Santiago ne s'est pas déplacé, croyant à un poisson d'avril
par EDNA  43

MARDI

DECEMBRE
2018
PORTRAITS DE FEMMES
 
Daphne du Maurier (francisé en Daphné), née le 13 mai 1907 à Londres et morte le 19 avril 1989 à Par, en Cornouailles, est une romancière, nouvelliste et dramaturge britannique.
Plusieurs de ses romans relèvent du suspense psychologique et criminel, notamment L'Auberge de la Jamaïque (Jamaica Inn), Rebecca, son chef-d'œuvre, et Ma cousine Rachel (My Cousin Rachel). Ces trois textes emploient en outre les ressorts propres au roman gothique dans un cadre moderne, tout comme Le Bouc émissaire (The Scapegoat). D'autres récits ont recours à des éléments résolument fantastiques : la potion qui permet au héros de voyager dans le temps dans La Maison sur le rivage (The House on the Strand) ou la vie après la mort dans la nouvelle Le Pommier (The Apple Tree). La célèbre nouvelle Les Oiseaux (The Birds) se révèle être moins un texte fantastique (comme peut le laisser croire son adaptation cinématographique par Alfred Hitchcock) qu'une œuvre symboliste sur la guerre donnant lieu à une évocation voilée des attaques aériennes des forces allemandes sur la Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale. L'explication est rationnelle et non morale. Les attaques d'oiseaux s'expliquent par les variations météorologiques du moment, et ne se limitent pas aux petits volatiles mis en cage par l'homme. Les rapaces participent également aux agressions.
Bon nombre des ouvrages de Daphné du Maurier s'apparentent à des chroniques ou des romans historiques. Ainsi, Le Général du roi (The King's General) se situe entre la Première et la Deuxième guerre civile anglaise du milieu du xviie siècle. De plus, Daphné du Maurier a beaucoup écrit sur son histoire familiale. Dans Les Souffleurs de verre (The Glass-Blowers), elle évoque les origines françaises de sa famille. Le roman Mary-Anne (Mary-Ann), qui se déroule au tout début du xixe siècle, est centré sur la vie de son arrière-arrière-grand-mère, Mary Anne Clarke. Les Du Maurier raconte l'histoire de sa famille entre les années 1810 et 1936. Gerald est une biographie de son père, publiée peu de temps après la mort de celui-ci. Sacrifiant une fois à une mode antiaméricaine, elle écrit en 1972 un roman de politique-fiction, Mad (Rule Britannia), qui imagine la Grande-Bretagne occupée par l'armée américaine.

par EDNA  102

VENDREDI

NOVEMBRE
2018
PORTRAITS DE FEMMES
 
Dorothy Parker, née le 22 août 1893 à Long Branch dans le New Jersey et morte le 7 juin 1967 à New York, est une poétesse et scénariste américaine, connue pour son humour caustique, ses mots d'esprit et le regard acéré qu'elle porta sur la société urbaine du xxe siècle.
Carrière
Connue également sous le nom de Dottie et surnommée « The Wit », Parker est née Dorothy Rothschild dans le West End district de Long Branch (New Jersey), où ses parents avaient une résidence estivale. Elle aimait à dire que ses parents l'avaient ramenée dans leur appartement de Manhattan peu de temps après un jour de fête du travail afin qu'elle puisse être considérée comme une véritable New-yorkaise. Ses amis la voyaient à la fois comme une source d'amusement et de tragédie. Elle tenta de se suicider au moins à trois reprises. Elle est d'abord mariée, de 1917 à 1928, à Edwin Pond Parker II, un agent de change de Wall Street, puis au scénariste Alan Campbell, à deux reprises, de 1934 à 1947 puis de 1950 à la mort de ce dernier d'une overdose en 1963.
Elle débute dans la critique littéraire et théâtrale dans Vanity Fair, The New Yorker. Ses éreintements sont très mordants comme ses enthousiasmes sont communicatifs. Elle publie dans cette presse new-yorkaise des poèmes plutôt désabusés qui, réunis en recueil, font un grand succès de librairie en 1928, avec de nombreuses rééditions.
Dorothy Parker était au centre d'un groupe littéraire new-yorkais, l'Algonquin Round Table, The Round Table Vicious Circle ou « Cercle vicieux », surnommé ainsi car les réunions se tenaient autour d'une grande table ronde, à l'Hôtel Algonquin sur la 44e rue. On pouvait croiser parmi les convives des auteurs, des gens de théâtre ou plus simplement des it girls and boys – l'expression si utilisée aujourd'hui date de cette époque.
Pour Hollywood, elle écrit, souvent en collaboration, les scénarios d’Une étoile est née (1937), de La Vipère de William Wyler (1941), Cinquième Colonne (Saboteur), d'Alfred Hitchcock (1942), d’Une vie perdue (1947) et de L'Éventail de Lady Windermere d'Otto Preminger (adaptation de L'Éventail de Lady Windermere d'Oscar Wilde, 1949).
Très engagée politiquement, Dorothy Parker compte parmi les défenseurs de Sacco et Vanzetti. Dans les années 1950, elle est une des victimes du maccarthysme et inscrite sur la liste noire du cinéma ; elle était en effet liée plus ou moins directement à la mouvance communiste, ayant entre autres aidé à fonder la « Hollywood Anti-Nazi League » en 1936.
Elle meurt seule dans une chambre d'hôtel avec son chien et une bouteille d'alcool à l'âge de soixante-treize ans.
Elle légua ses biens à la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People).
En 1987, Prince écrit une chanson, The Ballad of Dorothy Parker, sur l'album Sign o' the Times, où il cite le surnom de l'auteur (« The Wit »).

par EDNA  81

VENDREDI

AOUT
2018
PORTRAITS DE FEMMES
 
Irène Némirovsky (en russe : Ирина Леонидовна Немировская, Irina Leonidovna Nemirovskaïa) est une romancière russe d'expression française, née le 24 février 1903a à Kiev et morte le 19 août 1942 à Auschwitz. Auteur à succès dans la France des années 1930 mais oubliée après la Seconde Guerre mondiale, elle est le seul écrivain à qui le prix Renaudot ait été décerné à titre posthume, en 2004, pour son roman inachevé Suite française.
Issue d'une famille juive fortunée mais désunie, Irène Némirovsky reçoit une éducation imprégnée de culture française. Lorsque ses parents, fuyant la Révolution russe, s'installent à Paris, elle y mène une vie mondaine et insouciante, avant d'épouser Michel Epstein, émigré russe juif dont elle a deux filles, Denise et Élisabeth. Sa vocation s'affirme précocement. Après le succès de David Golder en 1929, elle ne cesse plus d'écrire, tant par passion que par nécessité financière. Elle tarde à se rendre compte que son amour pour la France et sa place dans le paysage littéraire ne la préserveront pas des lois antijuives du régime de Vichy et de l'occupant allemand : arrêtée en juillet 1942 dans le Morvan, elle meurt du typhus après quelques semaines de détention à Auschwitz ; son mari y est déporté et tué en novembre.
Leurs filles survivent à la Shoah mais ne trouvent que bien plus tard le courage de faire revivre l'œuvre d'Irène Némirovsky. En 1995, elles confient toutes ses archives à l'Institut mémoires de l'édition contemporaine. La transcription du manuscrit de Suite française par Denise Epstein entraîne la redécouverte du reste de son œuvre.
Les nouvelles et romans assez courts d'Irène Némirovsky relèvent d'un réalisme volontiers satirique. Usant du point de vue interne comme de l'ironie, elle fait de la compréhension des êtres sa priorité, autour de trois thèmes récurrents : le conflit mère-fille, sa propre mère lui inspirant des figures maternelles détestables ; la peinture, selon une vision de droite, des corruptions de l'entre-deux-guerres ; l'affairisme auquel sont poussés, par ambition voire atavisme, des personnages juifs plus ou moins stéréotypés — représentation alors récupérée, à son corps défendant, par les antisémites.
La mémoire de la Shoah influence la relecture de son œuvre dans les années 2000. Partie des États-Unis, l'idée que ses récits trahiraient une forme de « haine de soi juive » crée une polémique, évacuant les autres aspects de son écriture. Cependant les spécialistes d'Irène Némirovsky s'accordent sur le fait que ses rapports avec la communauté juive et le judaïsme étaient plus subtils que ce que peuvent laisser croire certains de ses textes.
par EDNA  196

MERCREDI

JUILLET
2018
PORTRAITS DE FEMMES
 
Valentina Vladimirovna Terechkova (en russe : Валентина Владимировна Терешкова), née le 6 mars 1937 à Maslennikovo, raïon de Toutaïev dans l'oblast de Iaroslavl, est la première femme à effectuer un vol dans l'espace, et est la première cosmonaute soviétique , grâce à son vol du 16 au 19 juin 1963.
Valentina Terechkova reste à ce jour la seule femme à avoir effectué un voyage en solitaire dans l'espace et la plus jeune cosmonaute
Ouvrière
Après le succès du vol de Youri Gagarine, Sergueï Korolev, le père du programme spatial soviétique, a l'idée d'envoyer une femme dans l'espace.
Ouvrière du textile à 18 ans, elle est choisie parmi plus de 400 candidates pour devenir, sous la houlette de Youri Gagarine, la première femme dans l'espace.
L'entraînement incluait des vols en apesanteur, des tests d'isolement, des tests de centrifugeuse, de l'ingénierie spatiale, de la propulsion théorique, 120 sauts en parachute et un entraînement de pilote sur des avions de combat MiG-15UTI. Cependant les femmes n'étaient pas vraiment intégrées au détachement des cosmonautes ni estimées égales à eux pour les affectations de vols.
Les dirigeants soviétiques considéraient les vols de femmes dans l'espace seulement comme un outil de propagande, ce qu'était déjà une grande partie de la conquête de l'espace pendant la guerre froide. C'est Nikita Khrouchtchev lui-même qui fit la sélection finale, choisissant Terechkova sur les cinq femmes finalistes.
Après cet unique vol, elle épousa le cosmonaute Andrian Nikolaïev. Le couple donna naissance à une petite fille, Elena, devenue ensuite médecin, et se sépara peu après. Puis elle quitta le programme spatial soviétique et reprit ses études à l'académie Joukovski.
En 1969, elle obtint son diplôme d’ingénieur en aéronautique. Elle devint instructeur et obtint le grade de major-général de l'armée de l'air.
En 1971, elle devint membre du comité central du Parti communiste de l'Union soviétique, et députée.
par EDNA  106

MERCREDI

MARS
2018
PORTRAITS DE FEMMES
 
Ishtar (parfois Eshtar) est une déesse mésopotamienne d'origine sémitique, vénérée chez les Akkadiens, Babyloniens et Assyriens, et correspondant à la déesse de la mythologie sumérienne (donc non sémite) Inanna avec qui elle est confondue, une même déesse se trouvant manifestement derrière ces deux noms. Elle est considérée comme symbole de la femme, une divinité astrale associée à la planète Vénus, une déesse de l'amour et de la guerre, et souvent une divinité souveraine dont l'appui est nécessaire pour régner sur un royaume.
Tout au long des plus de trois millénaires d'histoire sumérienne puis mésopotamienne, elle a été l'une des divinités les plus importantes de cette région, et a également été adoptée dans plusieurs pays voisins, où elle a pu être assimilée à des déesses locales. Elle a également repris par syncrétisme les aspects de différentes déesses mésopotamiennes, et a été vénérée dans plusieurs grands centres religieux, prenant parfois des traits variés selon la localité où son culte se trouvait. Pour cela, elle illustre bien la complexité des conceptions, des pratiques et des échanges religieux dans le Proche-Orient ancien, et beaucoup de ses aspects sont et resteront un sujet de discussion.
par EDNA  249

              
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