MERCREDI

OCTOBRE
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
« Madame Sans-Gêne » est le sobriquet attribué ultérieurement par l'homme de théâtre Victorien Sardou, à l'épouse du maréchal Lefebvre, duc de Dantzig, Catherine Hubscher
Née le 2 février 1753 à Altenbach (Haut-Rhin), et morte le 29 décembre 1835 à Paris, celle ci est restée célèbre pour son franc-parler qui déplaisait fortement au sein de l'entourage de l'Empereur Napoléon Ier.
Femme de tempérament, d’abord repasseuse,puis cantinière, puis blanchisseuse, elle épouse le 1er mars 1783 le soldat François Joseph Lefebvre, sergent aux gardes françaises, homme coquet et gracieux. De par l'élévation de son époux, maréchal d'Empire le 19 mai 1804, elle intègre la cour impériale sans perdre son vocabulaire et ses manières populaires, au grand dam de beaucoup. Très loyale envers l'empereur, elle ne se retenait pourtant pas de le critiquer et le désarmait (il ne pouvait se défendre de l'apprécier pour sa franchise et la soutenait contre ceux qui voulaient la chasser de la cour) et elle tenait même tête à Talleyrand, pourtant expert en joutes verbales.
Vivant désormais dans une grande richesse, elle n'oubliera jamais ses origines modestes : bonne et généreuse, elle venait en aide à ses proches moins favorisés qu'elle. Elle eut quatorze enfants, dont treize n'atteignirent pas l'âge adulte. Décédée en 1835, elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise.

par EDNA  405

MARDI

OCTOBRE
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
Diane de Poitiers (9 janvier 1500 - 26 avril 1566 à Anet), comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut pendant plus de 20 ans, la favorite d'Henri II, roi de France.
Dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers, elle exerça une grande influence sur le roi, qui l'aima sincèrement, bien qu'elle fût de 20 ans plus âgée que lui.
Favorite du roi
L'avènement d'Henri II au trône marque le triomphe de Diane de Poitiers. De toutes les femmes qui sont dans l'entourage du roi, Diane est celle qui est la plus avantagée dans la redistribution des faveurs royales.
Après plusieurs années d'humiliation, l'heure est venue pour elle de prendre sa revanche sur sa rivale : l'ancienne favorite Anne de Pisseleu est chassée sans ménagement de la cour ; Diane occupe aussitôt sa place. Le roi lui fait cadeaux des biens qu'Anne de Pisseleu avait obtenus de François Ier : les bijoux de la couronne, un hôtel parisien et enfin beaucoup plus tard, du duché d’Étampes (1553). Diane reçoit également divers cadeaux en terre, dont la propriété royale de Chenonceau (1547) et divers cadeaux en argent, dont le produit de l'impôt sur les charges qui lui procure une somme extraordinaire de 100.000 écus (1553). Elle se voit enfin confirmée dans la propriété de ses terres de Nogent, d'Anet et de Breval.
Pour assoir sa position à la cour, elle est titrée, en 1548, duchesse de Valentinois (les duchesses ont le privilège d'avoir une place assise dans la chambre de la reine)
par EDNA  729

VENDREDI

SEPTEMBRE
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
Qiú Jǐn ( 8 novembre 1875 - 15 juillet 1907) est une poétesse aujourd'hui une importante figure du nationalisme et féminisme chinois
Née au Fujian de parents petits fonctionnaires originaires de la ville de Shaoxing, elle se marie en 1896. Elle arrive à Pékin pour suivre son mari dans son travail. C'est en 1903 qu'elle commence peu à peu à penser et à agir autrement après le mouvement des Boxers réprimé en 1900. À cette époque, pour montrer son ressentiment envers le traitement réservé aux femmes sous la dynastie Qing et son gouvernement, elle s'habille en homme et manie le sabre. En 1904, pendant ses études, elle se révolte contre les autorités japonaises qui interdisent à tout étudiant des actions allant à l'encontre de la politique du gouvernement. En 1906, elle dirige la revue Femmes de Chine (Zhongguo nubao) à Shanghai. De retour à Shaoxing, elle occupe le poste d'enseignante dans une des premières écoles destinées aux filles. Depuis la ville de Shaoxing, elle tente de provoquer un coup d'État qui renverserait la dynastie des Qing mais cette action se traduit par un échec. Par ordre impérial, elle est condamnée à mort et est exécutée le 15 juillet 1907.
Un monument est érigé en sa mémoire par Sun Zhongshan (1866-1925) en 1913. Ce monument est situé à West Lake, dans le centre historique de la ville de Hangzhou, province chinoise de Zhejiang. De son œuvre littéraire, il ne reste que peu de traces aujourd'hui : seuls six des vingt chapitres de son projet Pierre de l'oiseau (Jingwei shi) furent retrouvés. Cette œuvre est une sorte de chanson en chinois populaire ou familier aussi connu sous le nom de tanci (conte accompagné d'un instrument de musique à cordes). Ce genre musical était surtout utilisé par et pour les femmes. Cette martyre révolutionnaire est devenue une icône en Chine. Cette femme était courageuse et engagée dans un combat qui consistait à montrer à l'empire de Chine que la place destinée aux femmes à cette époque était ignoble, révoltante ou injuste.
En 2011 un film a été produit relatant des faits de sa vie: "The Woman Knight of Mirror Lake" (une version francophone de ce film a le titre de "Qiu Jin, la guerrière").
par EDNA  642

DIMANCHE

SEPTEMBRE
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
Anne Bonny, née le 8 mars 1702 et morte le 22 avril 1782, était une pirate, issue d’une famille irlandaise.
Avant d’être Anne Bonny, elle était Anne Cormac, fille illégitime du procureur William Cormac et de sa domestique Mary.
Bien que fille d’un riche procureur et propriétaire, elle a l’air plutôt pauvre : ses cheveux roux coupés courts, le visage crasseux et les vêtements en bataille.
Elle a la réputation d’être une jolie fille, intelligente mais soupe-au-lait.
À seize ans, Anne épouse un pirate de petite envergure nommé James Bonny. Ce Bonny avait l’espoir de récupérer l’héritage d’Anne, mais celle-ci fut déshéritée par son père. Anne se serait vengée en incendiant la plantation.
James devient ensuite informateur auprès du Gouverneur Woodes Rogers et commence à dénoncer des marins soupçonnés d’exercer des activités de contrebande ou de piraterie. Déçue, Anne décide de ne plus vivre avec son époux
Anne fait ensuite la connaissance de Pierre Bousquet (parfois nommé Pierre Delvin ou Peter Bosket), un autre pirate qui s’occupe à New Providence d’un restaurant
puis Pierre et Calico Jack Rackham, qui possède leur propre bateau, le Seahorse. Suivant certaines sources, Rackham et Anne deviennent amants.
Rackham et son équipage ont fait escale à de nombreuses reprises à Providence et que c’est au cours d’une de ces escales que Anne rencontre Mary Read (qui se déguisait elle aussi en homme et se faisait appeler Willy Read). Les deux femmes sympathiseront rapidement, on leur prête même une liaison amoureuse (l’homosexualité n’était pas rare parmi les pirates, mais sévèrement punie) qui aurait rendu jaloux Rackham (qui pensait alors que Anne était une femme et Mary un homme) et créé bon nombre de tensions à bord du Revenge.
La fin de l'aventure
Le 21 octobre 1720, les troupes du Capitaine Charles Barnet, qui travaille pour le Gouverneur de Jamaïque, capturent Rackham et son équipage (dont Mary Read et Anne Bonny). Mary et Anne en particulier sont écœurées de voir les pirates n’opposer que très peu de résistance (certains récits rapportent que la plupart d’entre eux étaient saouls). Elles en tueront deux et blesseront plusieurs d’entre eux (dont Rackham). Il faudra plus d’une heure de combat avant que les deux femmes rendent les armes, seules face aux troupes de Barnet.
16 novembre 1720 : procès de Jack Rackham, Anne Bonny et Mary Read. Les deux femmes réussissent à éviter la pendaison en prétendant qu’elles sont enceintes. C’était une pratique courante à l’époque : personne n’aurait osé tuer ce qu’on considérait comme un être vivant pas encore né. Il est fort probable qu’en réalité aucune des deux femmes n’était enceinte. Anne rendra visite à Rackham et lui aurait dit : « Je regrette de vous voir dans un tel état, mais si vous vous étiez battu comme un homme, vous n’auriez pas à mourir comme un chien ».
Mary Read devait finir ses jours en prison mais quelques semaines plus tard elle meurt, probablement de la fièvre jaune. En revanche, on ne sait pas avec certitude ce qu’il advint d’Anne Bonny : la veille de Noël, le gouverneur l’a graciée, donc sa peine de prison est annulée.
par EDNA  1077

DIMANCHE

AOUT
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
Anna Leon Owens est née en Inde britannique, sous le nom de Anna Harriette Edwards
En 1847, Anna quitte l’Inde et part s’installer avec sa famille à Aden, puis l’Égypte et la Palestine.
Elle revient vivre en Inde, à Poona, deux ans plus tard, et se marie à avec un amour de jeunesse, Thomas Leon Owens ou Leonowens, un commis civil. En 1852, le jeune couple, fit voile vers l'Australie. Thomas trouva rapidement un emploi de clerc dans l'administration coloniale.
A Perth, Anna tente d'ouvrir une école pour jeunes filles mais qui fermera quelques années plus tard. En avril 1857 la famille quittent l’Australie pour Singapour. Plus tard, à Penang, Thomas trouve un travail comme un gardien d’hôtel, mais meurt d'apoplexie. Anna et ses enfants se retrouvent alors sans argent.Elle est contrainte de reprendre l'enseignement, et ouvre une école pour les enfants des officiers britanniques de Singapour.
En 1862, Tan Kim Ching, consul du Siam à Singapour, lui propose alors d’entrer au service du roi Mongkut (Rama IV), comme professeur d'anglais (plutôt que préceptrice, comme elle le prétendait) de ses nombreux enfants, dont le prince Chulalongkorn, futur Rama V, alors âgé de onze ans. Elle accepte l’offre et part s’installer à Bangkok avec son fils Louis, tandis qu’elle envoie sa fille Annie Avis étudier dans une école en Angleterre.
Elle émigra en Nouvelle-Écosse en 1867, puis à Montréal en 1886. Elle y mourut en 1915 et fut enterrée au cimetière Mont-Royal.
Ses deux ouvrages, The English Governess at the Siamese Court et The Romance of the Harem, sont l'objet de disputes entre historiens concernant les représentations plus ou moins teintées de préjugés qu'une Britannique du milieu du xixe siècle a pu donner d'un milieu (la Cour du Siam) qui lui était totalement étranger.
En 1943, la romancière américaine Margaret Landon publia un roman, Anna and the King of Siam, adapté des récits d'Anna Leonowens. Ce livre servit ensuite de base au scénario de films et comédies musicales, intitulés Anna et le roi ou le Roi et moi. Les films, sans doute pour ne pas heurter la susceptibilité nationale thaïe, sont interdits en Thaïlande, sur le marché officiel tout du moins…
Elle a un petit-neveu célèbre: Boris Karloff, de son vrai nom William Henry Pratt, l'acteur de cinéma britanique ayant incarné Frankenstein au cinéma dans les années 30.
par EDNA  844

VENDREDI

JUILLET
2013
PORTRAITS DE FEMMES
 
Anne « Ninon » de l'Enclos, aussi appelée Ninon de Lenclos ou Ninon de Lanclos (Paris, 10 novembre 1620 - Paris, 17 octobre 17051) était une courtisane, femme d'esprit, épistolière et femme de lettres française.
Fille d’Henri de Lanclos (gentilhomme tourangeau libertin, suivant de Charles II d'Elbeuf) et de Marie-Barbe de la Marche, elle se révèle une enfant prodige au luth qui citait Montaigne et les grands classiques et qui fut promenée par sa mère bigotte de salon en salon où elle faisait sensation. Plus tard, elle apprit le clavecin.
La belle et intelligente Ninon a, sa vie durant, collectionné une ribambelle d'amants (le premier à 16 ans, puis notamment le Grand Condé, François de La Rochefoucauld, le maréchal d'Estrées, l'astronome Christian Huygens) à tel point que Walpole la surnomma plus tard « Notre Dame des Amours ». Elle classait ses amants en « payeurs », « martyrs » (soupirants sans espoir) et « caprices » (élus du moment).
Elle eut des enfants dont un fils, le chevalier Louis de la Boissière, qui deviendra brillant officier de marine, fruit de ses amours avec Louis de Mornay, marquis de Villarceaux et proche du roi Louis XIV.
Proche de Molière, elle corrigea, à la demande de l'auteur, la première version du Tartuffe.
Inquiétée par le parti dévot, elle fut enfermée en 1656 sur ordre d'Anne d'Autriche aux Madelonnettes puis dans un couvent de Lagny. À son premier voyage à Paris en 1658, la reine Christine de Suède accorda une seule rencontre en privé à la seule Ninon de Lenclos dont elle avait la plus haute opinion.
Le jour de ses 77 ans, Ninon eut une aventure avec l'abbé de Châteauneuf. Quelques mois avant son décès, à près de 85 ans, elle se fit présenter le jeune Arouet (Voltaire) alors âgé d'environ 13 ans et élève du collège jésuite Louis-le-Grand de Paris. Dans son testament elle lui légua 2 000 livres tournois (environ 7 800 € ) pour qu'il puisse s'acheter des livres...
par EDNA  1361