JEUDI

JANVIER
2020
PORTRAITS DE FEMMES
 
Hellé Nice, née Mariette Hélène Delangle le 15 décembre 1900 à Aunay-sous-Auneau (Eure-et-Loir) et morte le 1er octobre 1984 à Nice, est une danseuse également actrice de théâtre et acrobate, devenue pilote automobile durant toutes les années 1930, principalement en Grand Prix.
Jeunesse
Hellé Nice était la fille d'Alexandrine Bouillie et de son mari Léon Delangle. Son père a travaillé comme facteur à Aunay-sous-Auneau à 75 kilomètres au sud-ouest de Paris, village qu'elle quitta à l'âge de 16 ans. Une fois à Paris, elle trouva du travail dans des music-halls et en quelques années devint une danseuse nue à succès (notamment au Casino de Paris), sous le nom de scène de Hélène Nice, qui finit par devenir Hellé Nice (avec ou sans trait d'union).
Ce pseudonyme serait né d'une phrase « franco-anglaise » qu'elle aurait entendue prononcée en français : « Elle est nice » (sic), c'est-à-dire « elle est charmante », ce qui phonétiquement donne Hellé Nicealbums/manteau/uploads/réf. souhaitée]. De plus elle était amoureuse de la ville de Nice dans laquelle elle terminera sa vie. Elle a bâti une solide réputation en solo, mais en 1926, elle décida de s'associer avec Robert Lisset pour jouer dan les cabarets à travers l'Europe. Ses revenus de danseuse et de modèle devinrent tels, qu'ils lui permirent d'acheter une maison et un yacht.
En plus des voitures rapides, Hellé Nice a vécu une vie rapide. Sa notoriété grandissante, elle ne manqua pas de prétendants et eut de nombreuses relations. Certaines furent de brèves aventures, d'autres ont été plus longues,comme celle vécue avec le riche et puissant Philippe de Rothschild, ainsi que des membres de la noblesse européenne et d'autres personnalités, telles que Gérard de Courcelles, Jean Bugatti et le comte Bruno d'Harcourt.
par EDNA  9

JEUDI

JANVIER
2020
PORTRAITS DE FEMMES
 
Carrière de pilote
Hellé Nice à Montlhéry en 1930, pour un record du tour de piste à 197,2 km/h.
Hellé Nice en 1934.
À l'époque, la région parisienne était l'un des principaux pôles de l'industrie automobile française et il y était organisé de nombreuses compétitions pour les amateurs d'automobiles. Hellé Nice aimait la sensation que procure la conduite de voitures rapides, elle sauta sur l'occasion pour participer à une course organisée par la jet set parisienne de l'époque. Femme athlétique, elle a également été une passionnée de ski alpin, mais un accident sur les pistes endommagea gravement son genou et mit fin à sa carrière de danseuse. Peut-être inspirée par Charlotte Versigny qui avait participé sur une Talbot au Grand Prix automobile de La Baule en 1927, Hellé Nice décida de tenter sa chance en tant que pilote professionnel.
En 1929, le 2 juin1, au volant d'une Omega-Six, elle remporta une course de Grand-Prix féminin sur l'Autodrome de Montlhéry.
Le 2 décembre, sur le même circuit, elle atteint au volant d'une Bugatti 35C, la vitesse de 197,708 km/h sur un tour et 194 km/h de moyenne sur les 10 tours de l'épreuve 2 en établissant un nouveau record du monde de vitesse féminin3.
Profitant de sa notoriété, l'année suivante, elle fit une tournée aux États-Unis et participa à partir du 10 août 1930 à de nombreuses courses sur une Miller, voiture de fabrication américaine1.
Hellé-Nice en 1932.
Hellé Nice et Raph, au Grand Prix de Nice 1935.
Peu de temps après son retour d'Amérique, dans un café sur les Champs-Élysées à Paris, Philippe de Rothschild se présenta à elle. Pendant quelque temps, ils partagèrent l'amour de la course automobile. Rothschild qui engageait sa Bugatti présenta Hellé à Ettore Bugatti. Le propriétaire de la fameuse marque pensa qu'Hellé Nice serait la personne idéale à ajouter à la liste de pilotes masculins de sa ligne de véhicules de course. Après avoir ouvertement annoncé son désir de rivaliser avec les hommes, elle atteignit son objectif après une troisième place lors du Grand Prix Bugatti de juin 1930 organisé au Mans4, quand elle pilota en 1931 une Bugatti Type 35C dans cinq grandes courses dont les Grand Prix en France, d'Italie et de Monza.
Hellé Nice est facilement reconnaissable dans sa voiture de course bleu clair, gardant la bouche ouverte en course. Elle a adoré chaque minute de sa vie et exploité sa féminité, se décrivant elle-même comme une concurrente ne craignant pas de piloter contre les hommes. Elle séduisait les foules partout où elle courait tout en augmentant ses revenus avec une variété de produits dérivés. Bien que n'ayant pas remporté un seul Grand Prix, elle a été une concurrente légitime, et a souvent terminé devant quelques-uns des meilleurs pilotes masculins.
Au cours des années suivantes, seule femme sur le circuit du Grand Prix, elle a continué de piloter des Bugatti et Alfa Romeo contre les plus grands pilotes du moment comme Tazio Nuvolari, Robert Benoist, Rudolf Caracciola, Louis Chiron, Bernd Rosemeyer, Luigi Fagioli, et Jean-Pierre Wimille, entre autres. Comme la plupart des pilotes, Hellé Nice courut non seulement dans les courses de Grand Prix, mais prit également part à des courses de côtes et des courses de rallyes sur route partout en Europe, comme le célèbre Rallye automobile Monte-Carlo, dont elle remporta la Coupe des Dames en 1936, avec Mme Marinovitch sur Matford Alsace V8 no 50 (équipage classé dix-huitième au général).
Elle s'imposa aussi au Rallye Paris - Saint-Raphaël Féminin, en 1932 sur Bugatti Type 35B suralimentée5 (en gagnant au passage la côte de Pougues-les-Eaux sur 1 kilomètre6), puis en 1933 elle concourut dans la même course avec Odette Siko, qui avait terminé quatrième des 24 Heures du Mans 1932.
Le 10 septembre 1933, elle participa à l'une des courses les plus tragiques de l'histoire. Au cours du Grand Prix d'Italie 1933 à l'Autodromo Nazionale di Monza, Giuseppe Campari, Baconin « Mario Umberto » Borzacchini et le comte polonais Stanisław Czaykowski, trois des plus grands pilotes de course de l'époque, se tuèrent. L'année suivante elle participe notamment à la Targa Abruzzi (de) avec Marcel Mongin sur Alfa Romeo 8C 2300 Monza (abandon).
par EDNA  8

JEUDI

JANVIER
2020
PORTRAITS DE FEMMES
 
L'accident
L'accident au GP São Paulo, Brésil.
En 1936, Hellé Nice s'est rendue au Brésil pour participer à deux courses de Grand Prix. Au cours du Grand Prix de São Paulo, alors qu'elle était en deuxième position, derrière le champion brésilien Manuel de Teffé, un terrible accident faillit lui coûter la vie. Les causes de l'accident restent floues, mais une botte de paille se retrouva sur la piste et Hellé Nice la percuta à plus de 160 km/h ce qui lui fit perdre le contrôle de son bolide.
Son Alfa Romeo fut projetée dans les airs et s'écrasa dans les tribunes, tuant quatre spectateurs et en blessant plus de trente autres. Hellé Nice éjectée de sa voiture, percuta un soldat de plein fouet, ce qui lui sauva la vie. La force de l'impact tua cependant le soldat et la laissa inconsciente. Elle sortit du coma trois jours plus tard et après deux mois en convalescence, sortit de l'hôpital.
La tragédie fit d'elle un héros national pour la population brésilienne. De nombreuses familles donnèrent à leurs enfants le prénom Helenice ou Elenice. Aujourd'hui, un grand nombre de femmes portent ce prénom au Brésil7. Bien que Hellé Nice n'en ait jamais parlé publiquement, cet accident a eu un profond impact et la mémoire des événements la hanta pour le restant de sa vie.
Le retour
En 1937, elle tenta un retour en course, dans l'espoir de participer aux Mille Miglia en Italie et au Grand Prix de Tripoli qui offraient de très importantes sommes d'argent.
Toutefois, elle ne put obtenir le soutien nécessaire et elle se résigna à participer aux essais d'endurance de la firme Yacco réservés aux femmes sur l'autodrome de Montlhéry en France,au volant d'une Matford. En alternance avec trois autres pilotes femmes, Hellé Nice conduisit pendant dix jours et dix nuits d'affilée, battant elle-même dix records mondiaux, records qu'elle détient encore à ce jour (voir détails à Odette Siko).
Les deux années suivantes, elle participa à des rallyes en espérant rejoindre l'équipe Bugatti. Toutefois, en août 1939, son ami Jean Bugatti se tue, lors de l'essai d'une voiture de l'usine familiale et un mois plus tard, les courses automobiles prirent fin en Europe avec le début de la Seconde Guerre mondiale.
Elle eut le temps de remporter la seconde et dernière manche du Championnat féminin de l'Union Sportive Automobile, organisée sur le Circuit du Comminges le dimanche 6 août 1939 à bord d'une Juvaquatre Renault face à neuf autres concurrentes nationales (épreuve du championnat intitulé « Les Comminges 1939 », en fait un critérium automobile féminin), avec en prime le meilleur temps au tour.
Quelques semaines plus tôt, elle avait terminé le 11 juin, deuxième de la première épreuve sur le circuit de Péronne, derrière Yvonne Simon (dans le cadre du Grand Prix de Picardie)8.
En 1943, au milieu de l'occupation allemande de la France, elle déménagea sous le doux climat de la Côte d'Azur et y acheta une villa dans la ville de Nice, où elle vécut avec l'un de ses amants pour le reste de la guerre.
Accusations
En 1949, le premier Rallye Monte-Carlo d'après-guerre eut lieu dans la principauté de Monaco et Hellé Nice était là pour prendre part à la manifestation. Lors d'une grande fête organisée pour célébrer le retour à la course, Louis Chiron, un multiple champion de Grand Prix, tout à coup traversa la salle et accusa Hellé Nice d'être un agent de la Gestapo durant la guerre.
À l'époque, une telle accusation pouvait être un sérieux revers pour une carrière et venant d'un homme aussi puissant que Louis Chiron, même s'il ne fournit aucune preuve, marqua la fin carrière de pilote d'Hellé Nice. Lâchée par ses sponsors, elle n'a jamais recouru et suite à cela, son nom et ses grandes réalisations ont été effacées des annales de l'histoire de la course automobile.
Délaissée par ses amis et connaissances, son amant l'abandonna également. Avec lui, s'envolait une grande partie de son argent et rapidement les maigres fonds qu'ils lui restaient se réduisirent au point qu'elle dut accepter la charité d' un organisme parisien privé nommé mis en place par des artistes pour venir en aide aux anciens artistes nécessiteux et nommé La Roue tourne.
Aucun des faits de l'accusation de Louis Chiron n'a jamais été éclairci et des recherches récentes, faites par Miranda Seymour, auteur de la biographie de Hellé Nice publiée en 2004, n'ont jamais prouvé sa culpabilité. Biographe respecté, Seymour est même allée jusqu'à vérifier les documents officiels à Berlin et a été informée par les autorités allemandes qu' Hellé Nice n'a jamais été un agent. Ironie du sort, Chiron lui-même, conduit par le désir d'une voiture plus performante, a piloté pour l'équipe Mercedes-Benz que les nazis ont utilisé comme un objet de propagande en faveur de leur philosophie de la supériorité raciale, à un moment où son collègue juif et rival René Dreyfus ne le pouvait pas.
Les dernières années
Une des plus illustres femmes pilotes, symbolisant l'émancipation féminine au xxe siècle, ayant participé avec succès à plus de soixante-dix événements au plus haut échelon de la course automobile, était désormais totalement ruinée. Elle a passé tristement ses dernières années totalement incognito à Nice, mais loin des luxueux palaces de la Riviera, dans un minuscule logement situé dans le quartier ouvrier de Riquier (rue Edouard-Scoffier).
Éloignée de sa famille pendant des années, elle est morte sans un sou en 1984, sans ami, et complètement oubliée par le milieu mondain, huppé et aisé gravitant autour des courses automobile dont elle faisait autrefois partie. Sa crémation fut payée par La Roue tourne l'organisme de charité qui l'avait aidée, et les cendres ont été envoyées à sa sœur dans le village de Sainte-Mesme près de son lieu de naissance où ses parents étaient déjà enterrés. Sa sœur, qui n'avait jamais apprécié son mode de vie très libre « à la garçonne » (sic), ne prit même pas la peine de faire graver son nom sur la tombe familiale.
Il fallut attendre 2010 et l'initiative de Miranda Seymour, sa biographe et d'admiratrices américaines qui avaient créé la Hellé Nice Foundation, pour que ce « méchant oubli » fut rectifié et qu'une plaque commémorative puisse désormais honorer sa mémoire, tandis qu'une rue de son village natal porte maintenant son nom.
par EDNA  10

VENDREDI

NOVEMBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Bella Darvi, née Bayla Wegier, également connue sous le nom de Bayla Zygelbaum, est née le 23 octobre 1928 à Sosnowiec (Pologne)
Ses parents, Polonais d'origine juive, se réfugient en France à la montée du nazisme. Elle est emprisonnée par les Allemands au début de la guerre, et relâchée en 1943.
En 1949, elle épouse un riche homme d'affaires, Alban Cavalcade, et s'installe avec lui à Monaco. Là, elle connait une vie marquée par l'alcool et par le jeu. Son mariage ne dure guère. Découverte à Paris par le producteur américain Darryl Zanuck, dont elle devient la maîtresse , elle part pour Hollywood. Son nom de scène est une combinaison des noms de « Dar-ryl » et de son épouse « Vi-rginia » (Virginia Fox, une des actrices fétiches de Buster Keaton).
Son rôle dans L'Égyptien de Michael Curtiz, où elle joue une séduisante courtisane babylonienne, la fait connaître du public. Mais le film est un échec commercial et, malgré tous les efforts de Zanuck, sa carrière tourne court. Bella Darvi est complètement dominée par la passion des jeux de hasard ; Zanuck continuera à payer ses dettes jusqu'en 1970.
Elle tourne en France à la fin des années cinquante, dans des films policiers pour Victor Vicas, John Berry et Pierre Chenal. Bernard Borderie lui donne, en 1958, Lino Ventura et Charles Vanel pour partenaires dans Le Gorille vous salue bien. On la retrouve aussi dans des films italiens jusqu'en 1961. Après une absence de huit ans, elle revient au cinéma en 1969. Elle tourne deux ans plus tard, en 1971, un dernier film aux côtés de Michèle Girardon et de Marie-Georges Pascal, Les Petites Filles modèles de Jean-Claude Roy.
Elle se suicide en septembre 1971 en ouvrant le gaz dans son appartement de Monte-Carlo. Son corps n'a été découvert que plus d'une semaine plus tard.
Elle est inhumée au cimetière de Bagneux.
par EDNA  12

DIMANCHE

NOVEMBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Méduse (en grec ancien : Μέδουσα), appelée aussi la Gorgone (Gorgo), est dans la mythologie grecque l'une des trois Gorgones (avec ses sœurs Euryale et Sthéno). Elle est la seule à être mortelle.
Fille de Phorcys et Céto, et donc petite-fille de l'union de la Terre (Gaïa) avec l'Océan (Pontos), elle appartient au groupe des divinités primordiales, tout comme ses cousines, la Chimère et l'Hydre de Lerne, qui, elles aussi, avaient des traits associés à l'image du serpent et ont été détruites par des héros. Même si elle figure au fronton de plusieurs temples, elle ne faisait l'objet d'aucun culte.
Ses yeux ont le pouvoir de pétrifier tout mortel qui croise son regard. Après avoir été décapitée par Persée, son masque — le γοργόνειον / gorgóneion — est remis à Athéna qui le fixe sur son égide. La représentation du gorgonéion sera longtemps utilisée comme une protection contre le mauvais œil.
Généralement représentée de face, elle avait à l'époque archaïque un visage de sanglier, des yeux exorbités, des crocs, la langue pendante et des serpents dans la chevelure ou à la taille. Ses traits s'humanisent et se féminisent à l'âge classique et, placées dans des contextes similaires, les représentations figurées resteront remarquablement stables durant plus d'un millénaire avant d'être réinventées successivement à la Renaissance et par les peintres de la fin du xixe siècle. De monstre qu'elle était, Méduse est devenue l'archétype de la femme fatale.
Le mythe, qui peut être vu comme un conte d'initiation, a alimenté des recherches sur la puissance du féminin, le pouvoir du regard, l'importance des talismans, l'angoisse de castration, le rapport intime au monstrueux et l'existence de sociétés matriarcales préhistoriques. La figure de Méduse est toujours présente dans la culture contemporaine et a été revendiquée comme un puissant symbole de rage et de pouvoir par le courant féministe.
par EDNA  9

VENDREDI

OCTOBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Stéphany Julianne Richter puis princesse Stephanie von Hohenlohe (16 septembre 1891 - 13 juin 1972), danseuse autrichienne et juive, entra par mariage dans une famille princière allemande, fut une amie proche d'Adolf Hitler et espionna pour l'Allemagne nazie.
Jeunesse
Elle naquit à Vienne, fille de Ludmilla Kuranda et de Johann Sebastian Richter, avocat. En 1906, elle entra à l'école de ballet de l'Opéra de la Cour de Vienne. Sa beauté, son charme et son élégance lui permirent de fréquenter la meilleure société viennoise.
Âgée d'un peu plus de vingt ans, elle commença une liaison avec l'archiduc François-Salvator, 47 ans, gendre de l'empereur François-Joseph Ier du fait de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Valérie d'Autriche.
Comme elle se retrouva enceinte de lui, on résolut cette question délicate en lui faisant épouser à Londres le 12 mai 1914 un prince allemand de la maison de Hohenlohe, Frédéric-François de Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst.
Le 5 décembre 1914 naquit à Vienne Franz Josef (Franz Josef Hans Rudolf Weriand Max Stefan Anton von Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst).
L'entre-deux-guerres
La princesse Stéphanie et son mari divorcèrent en 1920. Vivant dans divers endroits d'Europe dont Paris, au fil des années elle se créa des amitiés et des relations étroites avec un certain nombre d'hommes puissants et influents, dont un diplomate nazi important, Joachim von Ribbentrop.
Ses origines juives ne l'empêchèrent pas de se lier de près à la hiérarchie nazie, et même avec Hitler qui l'appelait sa « chère princesse ».
Elle était amie intime avec Hermann Göring et Heinrich Himmler lui-même la déclara « Aryenne d'honneur ». Selon un rapport du MI6 datant de 1938, « le Führer parle souvent d'elle, il apprécie son intelligence et ses bons conseils. Elle est peut-être la seule femme capable d'exercer une influence sur lui. »
En 1932, elle fixa sa résidence à Londres dans l'élégant Dorchester Hotel à Mayfair. Appartenant à la plus haute noblesse allemande, elle était accueillie dans l'élite britannique, ce qui fit d'elle bien vite une propagandiste et une espionne de la plus haute importance pour Hitler qui venait d'accéder au pouvoir.
Parmi ses amis proches on comptait Lady Margot Asquith, l'épouse de l'ancien Premier ministre Herbert Henry Asquith, Lady Ethel Snowden, l'épouse d'un ancien chancelier de l'Échiquier, et Lady Londonderry et son mari Charles Vane-Tempest-Stewart, 7e marquis de Londonderry .
La princesse Stéphanie lia également amitié avec Lord Rothermere, l'influent propriétaire du Daily Mail et du Daily Mirror, journaux qui admiraient Hitler et plaidaient pour une alliance avec l'Allemagne.
Elle obtint de lui une rémunération annuelle de 5 000 £ (200 000 £ d'aujourd'hui). Toutefois, en 1939, leurs relations se détériorèrent au point que Rothermere cessa de la payer. Durant le procès qu'elle intenta devant un tribunal britannique et qu'elle finit par perdre, elle affirma que ce magnat de la presse lui avait promis une rémunération annuelle à vie.
À côté des services qu'elle rendait à Lord Rothermere, la princesse Stéphanie s'occupait également de faire passer des messages secrets à diverses autres personnalités britanniques qui avaient des sympathies pour le régime nazi et de transmettre leurs réponses.
En 1937 elle s'arrangea pour que Lord Halifax se rendît en Allemagne et y rencontrât Hermann Göring avec qui elle était amie.
Plus important encore pour la cause allemande fut le rôle qu'elle joua en 1937 dans l'organisation de la visite du duc de Windsor et de la duchesse Wallis, son épouse.
En 1937, la princesse Stéphanie commença une liaison avec Fritz Wiedemann, conseiller personnel d'Hitler.
Lorsqu'il fut nommé au poste de consul général à San Francisco, elle le rejoignit à la fin de l'année.
En 1938, les nazis confisquèrent les biens des juifs autrichiens, y compris le palais de Leopoldskron à Salzbourg qui avait appartenu au directeur de théâtre Max Reinhardt. Cette propriété fut remise par Hermann Göring à la princesse Stéphanie qui reçut la mission de la transformer en une maison où seraient reçus les artistes du Reich et qui aiderait à recevoir les invités d'Hitler au Berghof.
La Deuxième Guerre mondiale
Elle revint en Angleterre un an plus tard, mais quitta le pays dès qu'eut éclaté la Seconde Guerre mondiale, craignant peut-être de se voir arrêtée comme espionne allemande.
Elle retourna à San Francisco auprès de Fritz Wiedemann. À son arrivée, le gouvernement des États-Unis la plaça immédiatement sous surveillance
Vers la fin de 1940, elle se sépara de Fritz Wiedemann et fut détenue pendant plusieurs jours en mars 1941 par les services de l'immigration américains.
Elle ne fut pas longue à séduire le major Lemuel B. Schofield, qui dirigeait les services d'immigration et de naturalisation aux États-Unis.
Il l'installa dans un hôtel de Washington DC où ils eurent une liaison de plusieurs mois. Des documents publiés après sa mort montrent que pour l'Office of Strategic Services (OSS) qui venait d'être créé, la princesse Stéphanie a fourni les vues des plus intéressantes sur le caractère d'Hitler, qui ont aidé le professeur Henry A. Murray, Directeur de la Harvard Psychologic Clinic, et le psychanalyste Walter C. Langer à préparer en 1943 un rapport pour l'OSS intitulé Analyse de la personnalité d'Adolf Hitler.
par EDNA  26

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SAMEDI

SEPTEMBRE
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Ana de Mendoza y de la Cerda, princesse d'Éboli, duchesse de Pastrana et comtesse de Mélito, née le 26 ou 27 juin 1540 à Cifuentes et morte le 2 février 1592 à Pastrana, est une aristocrate espagnole.
Ana de Mendoza appartient à la puissante famille castillane des Mendoza. Fille unique de Diego Hurtado de Mendoza y de la Cerda, vice-roi d'Aragon, et de María Catalina de Silva y Toledo, on la marie à l'âge de douze ans avec Ruy Gómez de Silva, prince d'Éboli, une ville du Royaume de Naples. Ce mariage est souhaité par le prince Philippe, futur roi Philippe II. Durant les cinq premières années du mariage, Ana passe seulement trois mois avec son époux, ce dernier se rendant souvent en déplacement en Angleterre.
Elle est une des femmes les plus talentueuses de son temps et on la considère comme une des plus belles aristocrates de la Cour d'Espagne malgré une anomalie qui l'oblige à porter en permanence un cache-œil au niveau de l'œil droit. Les causes de ce défaut visuel sont encore méconnues de nos jours, certains parlent de strabisme, d'autres avancent l'hypothèse d'une monophtalmie (un œil perdu ou blessé) due au contact avec le tranchant d'un fleuret lors de son enfance. Sa beauté, son caractère hautain, son amour pour le luxe et bien entendu son énigmatique œil droit lui sont indissociables.
Conflit avec sainte Thérèse d'Avila
Elle sollicite la construction de deux couvents de sœurs carmélites à Pastrana. Cependant elle s'oppose aux religieuses, en particulier à Thérèse d'Avila, car elle souhaite avoir le contrôle absolu des projets. Ruy Gómez de Silva calme les ardeurs de son épouse, mais les mésententes reviennent à nouveau après la mort de celui-ci. En effet, la princesse désire entrer dans les ordres avec ses propres servantes. Thérèse d'Avila accepte, bien malgré elle, et la loge dans une chambre très modeste. Bien vite, l'aristocrate se lasse de cette vie et elle emménage dans une maison proche du couvent avec ses domestiques où elle peut garder ses robes et ses bijoux et être en contact avec le monde extérieur. Devant cette attitude assez déconcertante, sur ordre de Thérèse, toutes les religieuses abandonnent Pastrana, laissant Ana seule. Cette dernière, revient à son palais de Madrid et rédige une biographie controversée de Thérèse qui sera interdite pendant dix ans par l'Inquisition.

par EDNA  38

VENDREDI

JUILLET
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Dorian Leigh (née Dorian Elizabeth Leigh Parker ; 23 avril 1917, San Antonio (Texas) - 7 juillet 2008, Falls Church (Virginie)) est un mannequin américain considérée comme une des toutes premières icônes de l’industrie de la mode
Elle travaille de la fin des années 1940 jusqu'au début des années 1960 en posant pour les photographes les plus prestigieux de son époque. Bien qu'elle soit demandée pour des couvertures de magazines, Leigh devient aussi l'égérie de la ligne de cosmétiques Fire and Ice de Revlon. Elle serait également la source d'inspiration du personnage Holly Golightly du roman de Truman Capote intitulé Diamants sur canapé
Après la fin de sa carrière de modèle, Leigh ouvre sa propre agence de mannequinat à Paris, mais à cause des activités frauduleuses de son quatrième mari, l'agence doit être fermée. Leigh abandonne alors définitivement le monde de la mode et se lance dans une carrière de chef et de traiteur à Paris, à New York et en Italie. En 1980, Leigh publie son autobiographie The girl who had everything (littéralement «La femme qui avait tout»)
Elle publie aussi des poèmes dans The New Yorker.

par EDNA  181

VENDREDI

MARS
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Inès Armand ou Inessa Armand, née le 8 mai 1874 à Paris et morte le 24 septembre 1920 du choléra à Naltchik (Caucase), est une femme politique communiste d'origine française. Elle fut l'une des maîtresses de Lénine.
Née Élisabeth Pécheux d'Herbenville, elle est la fille du chanteur d'opéra Théodore Pécheux d'Herbenville (connu sous le nom de scène Théodore Stéphane), et de Nathalie Wild, une comédienne1. Son père décède alors qu'elle n'a que cinq ans. Une année plus tard, elle part pour Moscou avec sa tante Sophie qui est professeur de musique dans la famille de Ievgueni Yakovlevitch Armand, un très riche fabricant de textiles. L'ancêtre des Armand, officier dans l'armée de Napoléon, avait préféré s'établir à Moscou plutôt que de rentrer en France. Appelée Inès dans sa famille, elle devint vite Elizaveta Inessa Fedorovna Steffen. Chez les Armand, elle joue avec Alexandre (Alexandre Ievguenievitch Armand)2, le fils aîné, et Vladimir dit Volodia (Vladimir Ievguenievitch Armand), le cadet. Les Armand sont des libéraux, qui prônent des réformes, à l'inverse de la politique conservatrice du tsar. Inessa apprend quatre langues, joue du piano et s'habille chez les meilleurs couturiers. À 17 ans, elle obtient son diplôme d'institutrice.
D'un doctorat à Paris à la révolution russe
À partir de l'automne 1910, Inès Armand vit à Paris. Elle a commencé les recherches pour sa thèse de doctorat qu'elle ne pourra finir puisque, dès l'été 1910, elle travaille principalement pour le parti. Elle est la plus proche collaboratrice de Lénine. Il lui loue un appartement au no 2 de la rue Marie-Rose (XIVe arrondissement alors que lui, sa femme Nadejda Kroupskaïa et sa belle-mère résident au no 4 (il habitait auparavant le no 24 de la rue Beaunier, dans le même arrondissement5). Elle lui écrit : « Tu m'as très fortement impressionné. J'avais une envie folle de m'approcher de toi, mais j'aurais préféré mourir sur-le-champ plutôt que d'ouvrir la porte conduisant à ton bureau4. » Il est profondément amoureux d'elle, l'homme politique socialiste français, Charles Rappoport, déclarant que Lénine n'arrive pas à : « détacher ses yeux mongols de la petite »5. Ils se téléphonent plus qu'ils ne s'écrivent.
Du 28 août au 3 septembre 1910, Inès Armand assiste avec Lénine au Congrès de l'Internationale socialiste des femmes, à Copenhague (Danemark). Ils rencontrent Karl Kautsky, Victor Adler, Jean Jaurès, Clara Zetkin, Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontaï et Julius Martov. Ils restent ensuite dix jours ensemble pour visiter la ville.
Début 1911, elle devient professeur d'économie politique dans l'école pour agents clandestins récemment fondée par Lénine à Longjumeau (Seine-et-Oise). Roman Malinovski, un agent double au service de la police du tsar Nicolas II (l'Okhrana) rédige un rapport où il indique : « Lénine est, chaque jour, assis au premier rang, afin de pouvoir la regarder5 ». Elle participe aux conférences du mouvement de Zimmerwald et à la conférence internationale des femmes à Berne, en 1915, à la réalisation desquelles elle contribue de manière essentielle. En avril 1917, elle revient avec Lénine en Russie.
Sa liaison secrète avec Lénine a été cachée pendant le reste de l'histoire de l'URSS pour ne pas froisser l'image de Lénine véhiculée par la propagande, celle d'un mari fidèle. Leur correspondance intime est conservée à l'Institut du marxisme-léninisme, à Moscou5.
Après la Révolution russe, elle s'engage en faveur des revendications féminines, entre autres comme membre du Comité du parti, du Comité exécutif et du Jenotdel (créé avec Alexandra Kollontaï) du Comité central, qu'elle préside de 1919 à sa mort. Néanmoins, les nouvelles responsabilités de Lénine les éloignent, et il ne s'enquiert qu'un peu tard de la santé défaillante d'Inès.
Féministe, adversaire du mariage, elle défend « le droit à l'amour libre et à la passion »
par EDNA  213

VENDREDI

MARS
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Pocahontas (vers 1595 – 21 mars 1617) est une Amérindienne de la confédération de tribus Powhatans, fille de Nonoma Winanuske Matatiske et Wahunsunacock (aussi appelé Chef Powhatan et qui régnait alors sur presque toutes les tribus de la région Tsenacommacah).
Ses vrais noms étaient Matoaka (« Petite plume de neige ») et Amonute (nom qui dénoterait un statut d'initiée et de praticienne de la « Dream Vision »1)2. Pocahontas était un surnom d'enfance se rapportant à sa nature espiègle (dans la langue Powhatan, Pocahontas signifie « petite dévergondée »). En anglais, elle a également été appelée Rebecca après son baptême chrétien, puis Rebecca Rolfe après son mariage avec John Rolfe.
Sa vie, qui constitue un des mythes fondateurs des États-Unis, est à l'origine de beaucoup de légendes et d'adaptations littéraires et cinématographiques .
Descendance
Rebecca et John Rolfe ont eu un enfant, Thomas, né dans la ferme de Varina en 1615 avant que ses parents ne partent pour l'Angleterre.
Beaucoup de vieilles familles de Virginie font remonter leur lignée à Pocahontas et Wahunsunacock via Thomas Rolfe. C'est par exemple le cas d'Edith Wilson, épouse du président américain Woodrow Wilson ; Nancy Reagan, épouse du président Ronald Reagan ; George Wythe Randolph, général et homme politique sudiste ; Richard Byrd, explorateur et aviateur ; ; Pauline de Rothschild ou encore Percival Lowell
par EDNA  55

MARDI

FEVRIER
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Fanny Kaplan, née Feiga Chaimovna Roytblat (ou Rojtman), dans l'Empire russe, le 10 février 1890, exécutée à Moscou le 3 septembre 1918, est une militante du Parti socialiste-révolutionnaire russe.
Auteur de l'attentat contre Lenine
Pendant la guerre civile russe, les socialistes révolutionnaires organisent une tentative d'assassinat de Lénine le 30 août 1918.
Lénine visite ce jour-là l'usine de Mihélson (завод Михельсона) de Moscou. Lorsqu'il quitte le bâtiment pour regagner son véhicule, Fanny Kaplan l'interpelle. Quand Lénine se tourne vers elle, elle tire trois coups de feu. L'une des balles passe à travers le manteau de Lénine, les deux autres le touchent à l'épaule gauche et au poumon. Lénine retourne dans ses appartements au Kremlin. Il craint un autre attentat contre lui et refuse de quitter la sécurité du Kremlin pour se faire soigner. Les médecins arrivés pour le soigner se déclarent incapables de retirer les balles en dehors d'un hôpital. Cependant, il survit.
Kaplan est arrêtée et interrogée par la Tchéka. Elle déclare : « Je m'appelle Fanny Kaplan. J'ai tiré sur Lénine aujourd'hui. Je l'ai fait volontairement. Je ne dirai pas d'où provient le revolver. J'étais résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Je le considère comme un traître à la Révolution. J'ai été exilée à Akatui pour avoir participé à la tentative d'assassinat du tsar à Kiev. J'ai passé là-bas sept ans à travailler dur. J'ai été libérée après la Révolution. J'étais en faveur de l'assemblée constituante et je le suis toujours. »
Son arme a été fournie par Boris Savinkov. Fanny Kaplan est exécutée sans jugement le 3 septembre 1918. Elle est brûlée dans la cour de la Tchéka, après avoir été battue à mort. Elle déclare avant de mourir : « J'ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traître au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserves pour le gouvernement de Samara et pour la lutte contre l'Allemagne aux côtés des Alliés. » Quelques jours plus tard, Grigori Petrovski, commissaire du peuple à l'intérieur, encourage les exécutions et déclare : « Il est grand temps de mettre fin à toute cette mollesse et à cette sentimentalité. »
Le 5 septembre, le Conseil des commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge
par EDNA  76

DIMANCHE

FEVRIER
2019
PORTRAITS DE FEMMES
 
Adrienne Armande Pauline Bolland, née le 25 novembre 1895 à Arcueil1 et morte le 18 mars 1975 dans le 16e arrondissement de Paris, est une aviatrice française célèbre pour avoir été la première femme au monde à effectuer la traversée par avion d'une partie de la Cordillière des Andes.

Adrienne Bolland obtient son brevet de pilotage le 29 janvier 1920 après une formation débutée le 16 novembre 1919 à l'école de pilotage Caudron située au Crotoy (baie de Somme), devenant ainsi la 13e femme titulaire d'un brevet de pilote et elle réussit également la performance d'être la première femme pilote d'essai engagée par René Caudron, le 1er février 1920 et ce, pour trois ans7. Le 25 août 1920, elle est la première femme pilote à traverser la Manche depuis la France (Harriet Quimby l'avait traversée, quant à elle, depuis l'Angleterre en 1912).
Grand projet, grand exploit
Au grand rassemblement aérien de Buc des 8, 9 et 10 octobre 19209, elle est la seule femme à piloter (Melle Farman étant encore trop jeune pour avoir reçu son brevet10), aux côtés des as Fonck, Nungesser, Romanet, Casale, Bossoutrot... Elle entend parler des « macchabées de la cordillère des Andes » et supplie Caudron de l'envoyer là-bas, « juste pour voir ».
Arrivée à Buenos Aires en janvier 1921 avec deux G.3 démontés dans des caisses, et le mécanicien René Duperrier de la firme Caudron à ses côtés, elle réalise la propagande commerciale demandée par l'avionneur sitôt les avions arrivés et remontés. Mais dès son installation à l'hôtel Le Majestic, la presse argentine met au défi l'aviatrice de passer la cordillère des Andes. Piquée au vif dans son orgueil, elle décide, à la mi-mars, de rejoindre Mendoza, malgré le refus de Caudron de lui envoyer un avion plus puissant. Elle arrive en train, dans la capitale de la province nichée aux pieds de la cordillère, le dimanche 20 mars, avec un des deux G.3 et fait deux essais devant toute la ville, avant de s'envoler à l'aube du 1er avril. Le plafond du Caudron G.3 (construit en bois et toile, moteur le Rhône de 80 ch) est à 4 000 mètres, alors que la route qu'elle a choisie (la plus directe, à la différence de ses prédécesseurs, par le Col de la Cumbre et le monument du Christ Rédempteur des Andes) la fait passer à proximité du point culminant de la chaîne, l'Aconcagua, à 6 962 mètres d'altitude. En partant, elle est convaincue de ne jamais sortir vivante de cette traversée sans carte ni instrument de navigation.
Après 4 h 15 d'un vol épique, où elle se perd et doit chercher son chemin entre les flancs à pic des montagnes, à une moyenne de 50 kilomètres à l'heure, après un choix vital qui la rendra célèbre lorsqu'elle révélera comment se prit sa décision, elle se pose sur la piste de Lo Espejo, l'école militaire d'aviation de Santiago du Chili - aujourd'hui El Bosque
Elle reçoit au Chili un accueil d'autant plus triomphal que l'exploit paraissait invraisemblable. Grand absent, le Consul de France à Santiago ne s'est pas déplacé, croyant à un poisson d'avril
par EDNA  43

              
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