MARDI

AVRIL
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Katarina Witt, née dans le quartier de Berlin-Staaken (dans la partie relevant de l'ex-RDA), le 3 décembre 1965, est une patineuse allemande qui fut deux fois championne olympique (1984 et 1988), quatre fois championne du monde et six fois championne d'Europe pour la RDA.
Athlète charismatique, s'est d'abord fait remarquer par ses qualités techniques ensuite par ses qualités artistiques : chaque création de nouveau programme était un évènement, avec un thème, une histoire, une tenue, une coiffure (Carmen, West Side Story, Robin des Bois, The Schindler's List, programmes patinés sur des musiques de Michael Jackson, Prince, etc.).
Passée professionnelle après sa carrière amateur, Witt a joué le rôle-titre dans le film Carmen on Ice (en) (1990). En plus, elle a monté ses propres tournées (en 1994, elle crée sa propre société With Witt Sports & Entertainments), servi de modèle pour de nombreuses publicités, fait des apparitions dans des séries américaines, des films comme Jerry Mc Guire ou encore Ronin, elle a même été l'égérie du photographe Vandystadt et a posé nue dans Playboy en décembre 1998.
Cette compétitrice restera dans les mémoires comme celle qui a amené le patinage artistique dans l'ère moderne et vers une médiatisation au sommet.

par EDNA  87

SAMEDI

AVRIL
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Hubertine Auclert, née le 10 avril 1848 à Saint-Priest-en-Murat dans l'Allier et morte le 4 août 1914 à Paris, est une militante féministe française qui s'est battue en faveur du droit des femmes à l'éligibilité et du droit de vote des femmes.
Elle est née dans une famille aisée, cinquième enfant d'une fratrie de sept, au hameau de Tilly de la commune de Saint-Priest-en-Murat1. Son père, riche fermier républicain, devient maire de la commune de Saint-Priest-en-Murat à l'avènement de la Deuxième République en 1848, et, destitué après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en 1852, demeure un farouche opposant au Second Empire.
Son enfance
Placée dans une pension de religieuses à l'âge de neuf ans, elle y suit toute sa scolarité ; son père décède quand elle a treize ans et, très croyante, elle envisage de devenir religieuse chez les sœurs de Saint Vincent de Paul, mais n'y est pas acceptée. Hubertine Auclert quitte le couvent en 1864 pour rejoindre la maison de son oncle où réside également sa mère. À la mort de sa mère, en 1866, elle est placée par son frère dans un couvent à Montluçon. Jugée trop indépendante par les religieuses, elle est écartée une seconde fois de la vie monacale en 1869. Ce rejet qu'elle estime injustifié fait surgir en elle un ressentiment anticlérical.
Désormais libre et matériellement indépendante - elle a hérité de ses parents - elle veut se mobiliser pour une cause : elle choisit la foi républicaine et la conquête de la liberté pour les femmes par la révision des lois du code Napoléon. Son combat est motivé comme suit : « Je suis presque de naissance une révoltée contre l'écrasement féminin, tant la brutalité de l'homme envers la femme, dont mon enfance avait été épouvantée, m'a de bonne heure déterminée à revendiquer pour mon sexe l'indépendance et la considération ».
Son combat
Ce sont « les échos des discours prononcés aux banquets périodiques organisés par Léon Richer qui, presque à ma sortie du couvent, m'ont fait venir du Bourbonnais à Paris combattre pour la liberté de mon sexe ». Elle monte à Paris à une époque où la chute de Napoléon III et l'avènement de la Troisième République ouvrent la voie à l’activisme des femmes qui exigent des changements dans le code Napoléon en faveur de l'éducation, de l'indépendance économique pour les femmes, du divorce, du droit de vote, etc.
Hébergée chez sa sœur à Paris, Hubertine Auclert rejoint l'Association pour le droit des femmes. Cette association est dissoute en 1877 mais renaît sous le nom de Ligue française pour le droit des femmes avec Victor Hugo comme président d'honneur, Léon Richer et Maria Deraismes comme clefs de voûte. Elle devient, semble-t-il, la première militante française à se déclarer « féministe »
Alors que le mouvement féministe français oriente majoritairement son action sur des changements légaux, Auclert exige pour les femmes le droit de se présenter aux élections en arguant que les lois injustes n’auraient jamais été votées si les voix des législatrices avaient été prises en compte. En 1876, elle fonde la société Le droit des femmes qui soutient le droit de vote pour les femmes et qui devient en 1883 la société Le suffrage des femmes.

par EDNA  34

LUNDI

MARS
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Lou Andreas-Salomé, née Louise von Salomé (12 février 1861 à Saint-Pétersbourg - morte le 5 février 1937 à Göttingen), est une femme de lettres allemande d'origine russe. Romancière, essayiste, nouvelliste, psychanalyste, cette figure même de l'égérie a déchaîné de nombreuses passions amoureuses.
Enfance
Son père Gustav Salomé (1804-1879) était issu d'une famille de huguenots originaire d'Avignon qui avait quitté la France après la révocation de l'édit de Nantes pour aller s'établir à Magdebourg puis dans les pays baltes. Il se distingue au cours de l'insurrection polonaise de 1831, aussi il est élevé à la noblesse héréditaire par le tsar Nicolas Ier. Devenu général, il entre dans l'état-major d'Alexandre II, qui le nomma inspecteur des armées.
En 1844, il épousa Louise Wilm, née et décédée à Saint-Pétersbourg, (1823-1913) qui lui donna six enfants : cinq garçons et, en 1861, une fille qu'ils prénommèrent Louise. La petite Louise grandit, « entourée d'uniformes d'officiers », pour une large part à l'écart de la société russe, dans la petite communauté d'émigrés germanophones
Parlant et écrivant essentiellement en allemand, mais connaissant évidemment le russe et le français (langue de la haute société) elle fréquente l'école privée anglaise
Elle lit très jeune Spinoza et Kant. À 17 ans, elle perd son père qu'elle aimait passionnément et abandonne la foi religieuse.
Elle prend alors pour premier maître le pasteur Heinrich Gillot, nouvelle figure paternelle, qui lui enseigne la théologie, la philosophie, les religions du monde, la littérature française et allemande.
Gillot la convertit à la religion luthérienne et vit un amour platonique avec la jeune fille, au point de vouloir divorcer de sa femme pour l'épouser, ce que Louise, choquée, refuse.
Salomé et sa mère partent alors pour Zürich où elle s'inscrit à l'université (seule université européenne à accepter des femmes à cette époque) : se prénommant désormais Lou (diminutif donné par Gillot), elle suivit notamment des cours de logique, d’histoire des religions et de métaphysique
Rencontres
Malade, sa mère l'emmène faire un séjour au soleil d'Italie. À vingt et un ans, elle y fait la rencontre de Friedrich Nietzsche, trente-huit ans, qui, durant l’année 1882, vit sa seule véritable histoire d’amour, dans une escapade à trois avec Paul Rée, un riche philosophe allemand qui demande en vain Lou en mariage.
L’amour des trois intellectuels reste cependant platonique. Elle a en commun avec Nietzsche d’avoir réfléchi à la mort de Dieu ; au décès de son père, une passion pour l’hindouisme et une santé faible qu’elle ne peut soigner qu’en Italie où elle fait de nombreux voyages… Lou et Nietzsche passent trois semaines d’errance à discuter de philosophie.
Nietzsche voit en Lou une jeune femme remarquablement douée et en même temps insupportable. C'est finalement Elisabeth Nietzsche, la sœur du philosophe, qui écarte la jeune Russe : d'une jalousie maladive, elle empoisonne leur relation et accuse à tort Lou Andreas-Salomé d'être une « juive finnoise » (Elisabeth Nietzsche adhérera en juillet 1933 à l'association « aryenne » des écrivains du Troisième Reich5).
Friedrich Nietzsche ne pardonnera jamais à sa sœur d'avoir brisé cette relation. Nietzsche sombre alors dans une profonde dépression et va écrire Ainsi parlait Zarathoustra (Also sprach Zarathustra).
Toujours en Italie, elle rencontre l'iraniste Friedrich Carl Andreas (de), en 1886.
Cet orientaliste tombe amoureux d'elle, au point de menacer de se suicider si elle refuse de l'épouser. Elle consent au mariage à la condition qu'il ne soit jamais consommé sexuellement.
Le 20 juin 1887, Lou force son ancien maître, le pasteur Hendrik Gillot, à célébrer son mariage avec Friedrich Carl Andreas
Devenue La muse de Rilke
En fait, la vie de Lou Andreas-Salomé reste celle d’une intellectuelle bohème pan-européenne, une femme libre toujours en voyage, qui correspond avec les plus grands penseurs de son temps.
En 1897, à trente-six ans, elle rencontre Rainer Maria Rilke, qui a quatorze ans de moins qu'elle. Pour Rilke également, cette rencontre occupe une place déterminante dans sa vie. Elle voyage avec lui en Russie, en 1900. Leur relation amoureuse dure trois ans, puis se transforme en une amitié qui se prolongera jusqu'à la mort de Rilke, et dont témoigne leur correspondance. Il est probable, mais non certain, que Rilke ait été son premier amant.
Ses rencontres avec des figures de premier plan de la culture germanique de son temps ont fait ombrage à la connaissance de son œuvre autant méconnue que profondément originale. Y voisinent les romans : Ruth (1895), Enfant des hommes (1899), Rodinka (1922) ; des essais sur Nietzsche, sur Léon Tolstoï, sur Rilke, sur la psychanalyse, sur le féminisme ; une autobiographie qu'elle a voulue posthume, Ma vie (1951), et une très importante correspondance.
Amie de Freud et de sa famille
Sa rencontre avec Sigmund Freud, en 1911, durant les années de naissance de la psychanalyse, est également marquante. Lou Andreas-Salomé devient l’amie de la fille du psychanalyste, Anna Freud.
Lou entretient une correspondance avec le médecin de Vienne. Elle s’oppose d'ailleurs à lui au sujet de la religion qui intéresse Freud à la fin de son œuvre.
Elle meurt à près de soixante-seize ans dans une Allemagne dominée par l'idéologie nazie.
Ses cendres reposent au cimetière de Göttingen, aux côtés de Friedrich Carl Andreas, son époux.
par EDNA  79

DIMANCHE

MARS
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Frederika de Hanovre (en allemand : Friederike von Hannover et en grec : Φρειδερίκη του Αννοβέρου / Frideríki tou Annovérou), princesse de Hanovre et de Brunswick puis, par son mariage, reine des Hellènes et princesse de Danemark, est née le 18 avril 1917 à Blankenburg, en Allemagne, et morte le 6 février 1981 à Madrid, en Espagne. Épouse du roi Paul Ier, elle règne, avec lui, sur la Grèce de 1947 à 1964.
Petite-fille du Kaiser Guillaume II et fille du duc Ernest-Auguste de Brunswick, Frederika voit le jour quelques mois avant la chute de l'Empire allemand. Sa famille renversée, l'enfant grandit entre l'Autriche et la république de Weimar, où son père possède d'importantes propriétés. À l'adolescence, Frederika intègre les Jeunesses hitlériennes (1933) avant de partir compléter ses études au Royaume-Uni (1934) puis en Italie (1935). À Florence, elle est reçue par la princesse Hélène de Grèce, chez qui elle retrouve le diadoque Paul. Les deux jeunes gens tombent amoureux et se marient deux ans après la restauration de la monarchie en Grèce. Dans les années qui suivent, Frederika met au monde trois enfants, Sophie (1938), Constantin (1940) et Irène (1942).
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Grèce est occupée par les forces de l'Axe. Frederika et ses enfants trouvent alors refuge en Afrique du Sud (1941) puis en Égypte (1943) tandis que Paul passe la durée du conflit avec le roi Georges II, entre Londres et Le Caire. Une fois la guerre terminée, la montée du communisme en Grèce empêche un certain temps le retour de la famille royale à Athènes. Un référendum permet cependant la restauration de Georges II en 1946. Un an plus tard, Paul monte à son tour sur le trône et Frederika devient reine des Hellènes. Or, à cette époque, la Grèce est confrontée à la guerre civile (1946-1949) et la souveraine se rend à plusieurs reprises sur le front afin de montrer le soutien de la dynastie à l'armée. Frederika organise aussi l'aide aux réfugiés en créant une fondation et un réseau de « villages d'enfants », destinés à accueillir les jeunes issus des zones de combats. Une fois la paix restaurée, le couple royal sillonne le pays et effectue de nombreux voyages officiels à l'étranger, mettant ainsi en place une diplomatie parallèle. La reine tente, par ailleurs, de développer le tourisme international en invitant des représentants des familles royales européennes à parcourir la Grèce lors de la « croisière des rois » (1954). Cependant, les souverains interviennent aussi directement dans la vie politique hellène, ce qui contribue à dégrader leur image auprès de la population.
Après le décès de Paul Ier en 1964, Frederika apparaît comme l'éminence grise de son fils Constantin II. De plus en plus impopulaire, la reine douairière a beau se retirer ostensiblement de la vie publique après le mariage du jeune roi avec Anne-Marie de Danemark, elle n'en reste pas moins sujette aux attaques de l'opposition, qui voit en elle la responsable des tensions entre le palais et le gouvernement de Georgios Papandréou (1964-1965). La mise en place de la dictature des colonels en 1967 finit de ternir l'image de la reine douairière, que certains accusent d'avoir organisé le renversement de la démocratie. Chassée de Grèce avec sa famille en décembre 1967, Frederika passe les années suivantes en Italie, avant de partir vivre en Inde (1969) puis en Espagne (1978). Passionnée par le mysticisme quantique et la spiritualité hindoue, l'ex souveraine entreprend une longue quête spirituelle auprès du professeur T.M.P. Mahadevan. Frederika meurt des suites d'une opération bénigne à Madrid en 1981 et ses funérailles à Tatoï donnent lieu à d'épineuses négociations entre les gouvernements espagnol et hellène.

par EDNA  21

MARDI

FEVRIER
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Hypatie d'Alexandrie (en grec ancien Ὑπατία / Hypatia) est une mathématicienne et une philosophe grecque d'Alexandrie. Née entre 355 et 370 selon les sources, elle meurt assassinée par des chrétiens en 415, démembrée et brûlée. Les textes à son sujet sont souvent contradictoires, les sources étant postérieures ou très orientées, et sa mort violente a pu être romancée.
Son père Théon d'Alexandrie est éditeur et commentateur de textes mathématiques2. Il éduque sa fille en l'initiant aux mathématiques et à la philosophie. Elle dirigea l'école néoplatonicienne d'Alexandrie. On lui attribue parfois la découverte de l'orbite elliptique de la Terre, sans certitude cependant.
Sa mort
En 415, elle est assassinée par les hommes de main de Cyrille, infirmiers-fossoyeurs d'Alexandrie, les parabalani11 (membres d'une confrérie chrétienne).
Sa mort est symbolique pour certains historiens. Par exemple, Kathleen Wider soutient que le meurtre d'Hypatie signifie la fin de l'antiquité classique, et Stephen Greenblatt note que son meurtre « a définitivement marqué la déchéance de la vie intellectuelle d'Alexandrie ». En revanche, Christian Wildberg note que la philosophie hellénique a continué de se développer au ve et vie siècle, voire jusqu'à l'âge de Justinien
Selon la thèse de Socrate le Scolastique (vers 440), les chrétiens lui reprochaient d'empêcher la réconciliation entre le patriarche Cyrille d'Alexandrie et le préfet romain Oreste à la suite de conflits sanglants entre diverses communautés religieuses d'Alexandrie.
Selon John Thorp, philosophe américain, elle est « une héroïne idéale » grâce à son charisme, son violent assassinat, sa beauté et sa supposée virginité, sa position centrale dans les tensions religieuses et politiques, mais surtout le très faible nombre de certitudes à son sujet. Ainsi, elle est l'héroïne de plusieurs groupes opposés, aux interprétations différentes la concernant
par EDNA  335

MARDI

JANVIER
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
"Moi je sais où se trouve la vérité, parce que j'étais là." Marita Lorenz ne saurait mieux résumer sa vie. Née en Allemagne deux semaines avant le début de la guerre, cette femme a été "l'espionne qui aimait Castro". C'est d'ailleurs le titre de son autobiographie, sortie en juin 2016
Dès sa plus jeune enfance, Marita Lorenz bascule dans une vie où les événements du XXe siècle défilent sur fond d'espionnage. "Tandis que l'Europe et le monde se trouvaient au bord de l'abîme, mes parents commencèrent à se mouvoir dans un labyrinthe dont le parcours m'a toujours semblé énigmatique", écrit-elle. Durant la guerre, sa mère est surveillée par la Gestapo, avant d'être un jour arrêtée. Marita est alors envoyée au camp de Bergen Belsen, à l'âge de 5 ans. Elle apprendra plus tard que sa mère, elle aussi, était là. Cette dernière échappera de peu à la mort. Marita, elle, fera partie des 200 enfants rescapés du camp, avant d'être violée par un militaire américain, à l'âge de 7 ans. "Les deux choses dramatiques qui me sont arrivées dans ma vie", raconte-t-elle désormais.
Marita, "la petite Allemande" de Castro
A la fin du conflit, ses parents divorcés, elle débarque à New York avant de s'installer en Floride. Mais l'appel de la mer est plus fort, et elle finira par rejoindre son père un an plus tard à Bremerhaven, en Allemagne. "Embarquer avec lui devint une sorte de religion", estime-t-elle, alors que son père est devenu le capitaine du Berlin, le premier navire à faire la traversée transatlantique. La Havane devient une escale dans une région du monde où, selon son père, "les présidences ne durent pas beaucoup. C'est le style de vie typique : se tuer les uns les autres et prendre le contrôle du pays". Le capitaine est loin de se douter que sa fille va, à son tour, basculer dans l'Histoire.
Début 1959, la révolution éclate à Cuba. La veille de son entrée triomphale dans La Havane, Fidel Castro et ses hommes décident de monter à bord du navire, alors ancrée dans la baie, "pour regarder". Marita rencontre alors celui qui deviendra l'homme de sa vie. "Jamais je n'oublierai la première fois que j'observai de près ce regard pénétrant, ce beau visage (…). Je peux dire qu'alors déjà je commençai à flirter avec lui." Elle a alors 19 ans ; Fidel, 32 ans. Elle devient "Marita la petite Allemande". Quelques jours plus tard, le révolutionnaire envoie son avion à New York pour récupérer celle qui allait s'installer dans ses appartements durant plusieurs mois. "Tout ceci est à moi. Je suis Cuba. Tu es désormais la Première dame de Cuba."
"J'avais aimé un homme qui n'était pas le bon"
Aux côtés de Fidel Castro, Marita tombe peu après enceinte. Mais en octobre 1959, sa vie bascule – une nouvelle fois – quand elle subit un avortement forcé. Elle ne saura jamais pourquoi, ni à cause de qui. "Qui ordonna cette sauvage agression ? Les hommes de Fidel ? La CIA ?", se demande-t-elle. Sa seule certitude : "J'avais aimé un homme qui n'était pas le bon et le châtiment commençait." Deux ans plus tard, elle aura la réponse : "El Comandante", lui présente Andrés... le fils qu'on lui "a ravi sur la table d'opération". Une révélation qu'il lui fera le jour où, pour le compte de la CIA, elle se rend une nouvelle fois à La Havane avec une mission : tuer Castro. En vain. Marita sera incapable de franchir le pas. "Je ne le regrette pas, au contraire : c'est ce dont je suis le plus fière."
De retour à Miami, sans son fils, Marita Lorenz repart à zéro. Ou presque. Grâce aux contacts qu'elle a noués au fil des ans, elle devient passeuse d'armes. Mais également chargée d'effectuer des missions plus secrètes, qui lui permettront de rencontrer son "second dictateur" : Marcos Pérez Jiménez. Avec lui, elle aura une fille. Puis, quelques années plus tard, un garçon - avec un espion du FBI impliqué dans le scandale du Watergate. Désormais "retraitée", Marita Lorenz, âgée de 77 ans, est retournée vivre - dans l'anonymat - à New York. Sa vie sera prochainement adaptée au cinéma, avec Jennifer Lawrence dans le rôle-titre. De l'aveu même de l'intéressée, "la réalité dépasse toujours la fiction, n'est-ce pas ?"
Bio signée lci.fr

par EDNA  131

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LUNDI

JANVIER
2017
PORTRAITS DE FEMMES
 
Élisabeth II (en anglais : Elizabeth II), née le 21 avril 1926, est le monarque constitutionnel du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ainsi que de quinze autres États souverains (appelés royaumes du Commonwealth) et de leurs territoires et dépendances, ainsi que le chef du Commonwealth of Nations regroupant 53 États.
Elle est depuis le 9 septembre 2015 le souverain britannique ayant régné le plus longtemps (64 ans 8 mois et 11 jours), dépassant la durée de règne de son arrière-arrière-grand-mère la reine Victoria (63 ans 7 mois et 2 jours)a.
Lorsque son père George VI accède au trône en 1936 à la suite de l'abdication de son frère Édouard VIII, Élisabeth devient l'héritière présomptive de la Couronne britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s'enrôle au sein de l'Auxiliary Territorial Service. En 1947, elle épouse Philip Mountbatten avec qui elle aura quatre enfants : Charles, Anne, Andrew et Edward. Son couronnement le 2 juin 1953 est le premier à être retransmis à la télévision.
À son accession au trône britannique le 6 février 1952, Élisabeth II devient la reine de sept États indépendants du Commonwealth : l'Afrique du Sud, l'Australie, le Canada, Ceylan, la Nouvelle-Zélande, le Pakistan et le Royaume-Uni. Entre 1956 et 1992, le nombre de ses royaumes change car des territoires obtiennent leur indépendance et certains royaumes deviennent des républiques. En plus des pays susmentionnés, Élisabeth II est reine de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Îles Salomon, de Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Belize, d'Antigua-et-Barbuda et de Saint-Christophe-et-Niévès.
Au cours d'un long règne où elle voit passer quatorze Premiers ministres, elle réalise de nombreuses visites historiques et supervise plusieurs changements constitutionnels dans ses royaumes comme la dévolution du pouvoir au Royaume-Uni et le rapatriement de la Constitution du Canada.
Elle rencontre également des moments difficiles comme la mort de son père à l'âge de 56 ans, l'assassinat de l'oncle du prince Philip, Louis Mountbatten, les séparations et le divorce de trois de ses enfants en 1992 (année qu'elle qualifie d'annus horribilis), la mort de sa belle-fille, Diana Spencer, en 1997 et les décès de sa mère et de sa sœur en 2002. La reine a dû faire face à de virulentes critiques de la presse à l'encontre de la famille royale mais le soutien à la monarchie et sa popularité personnelle restent élevés au sein de la population britannique.
Elle est, depuis le 13 octobre 2016, le souverain au règne le plus long en cours, suite au décès du roi de Thaïlande Rama IX.

par EDNA  21

MERCREDI

DECEMBRE
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux, née à Paris le 5 octobre 1717 et morte dans la même ville le 8 décembre 1744, fut une favorite de Louis XV.
Cinquième fille de Louis III de Mailly-Nesle, marquis de Nesle, et de son épouse Armande Félice de La Porte Mazarin (elle-même petite-fille d'Hortense Mancini et arrière-petite-nièce de Mazarin), Marie-Anne de Mailly-Nesle épouse en 1734 le marquis Louis de La Tournelle.
Marie-Anne et ses soeurs
Sa sœur aînée Louise Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly, avait été la maîtresse de Louis XV de 1733 à 1739. Elle fut supplantée par sa sœur cadette, Pauline Félicité de Mailly-Nesle, marquise de Vintimille. Mme de Vintimille mourut en couches le 9 septembre 1741, et Louise fut rappelée. Marie-Anne entra au service de la reine grâce à sa sœur le 4 octobre 1742. La marquise de La Tournelle, sœur des deux précédentes, poussée par le maréchal de Richelieu et Mme de Tencin, prit par orgueil la décision de devenir maîtresse royale. Le roi renvoya sa sœur aînée de la cour (3 novembre 1742), puis il la prit comme maîtresse en titre en décembre 1742.
Le roi la titra duchesse de Châteauroux le 20 octobre 1743 et la présenta à la cour le 24 octobre 1743.
Favorite royale ou le scandale de la galerie couverte
Devenue favorite en titre et soutenue par le duc de Richelieu, elle fut quelque temps toute-puissante à Versailles et usa de son influence pour entraîner la France dans la guerre de Succession d'Autriche et persuader le Roi d'aller conquérir la gloire sur les champs de bataille en Flandre et en Alsace.
Louis XV l'autorisa à le rejoindre dans les Flandres en juin 1744 puis le roi et son armée se rendirent à Metz. Là, le roi logea sa maîtresse dans une bâtisse proche de son palais. Pour faciliter les rencontres des deux amants une galerie couverte fut édifiée entre les deux maisons au grand dam de la population messine qui voyait dans sa ville s'étaler publiquement l'adultère royal. En août, le roi tomba gravement malade à Metz.
Proche de sa fin, il résolut de se repentir mais pour cela dut renvoyer sa maîtresse à Paris. La duchesse de Châteauroux quitta discrètement la ville et la fameuse galerie couverte fut démolie tandis que la reine et le dauphin Louis-Ferdinand accourraient en hâte à Metz et que le royaume se mettait en prière.
Le roi fut contraint par l'évêque de Soissons Monseigneur de Fitz-James à un acte de contrition public. Il reçut cependant, au cours du Te Deum célébré en présence de la reine par le curé de l'église Notre-Dame de Metz, le surnom de « Louis le Bien Aimé ».
Néanmoins, après son retour à Versailles, le roi, qui avait mal vécu l'humiliation imposée par l'évêque de Soissons, l’exila, dès sa guérison, dans son diocèse où il devait mourir, et rappela la duchesse de Châteauroux à la cour et reprit leur liaison. Il songeait également à confier à sa maîtresse la place lucrative et stratégique de surintendante de la maison de sa belle-fille, la future Dauphine.
Cependant quelques jours avant Noël, la duchesse mourut d'une péritonite à l'âge de 27 ans. Cette mort parut suspecte à certains qui parlèrent, sans preuves, d'empoisonnement
par EDNA  161

MARDI

DECEMBRE
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Marina Mniszek (vers 1588-24 décembre 1614) est une aventurière politique, de noblesse polonaise, qui a tenté par tous les moyens de ceindre la couronne des tsars.
Elle est la fille du voïévode Georges Mniszek, qui avait de nombreux contacts avec le roi polonais Sigismond III Vasa. Résidents à Sambor, c'est là, en 1604, que leur parent, Constantin Wisniewicki leur présente un étrange personnage déclarant être le prince Dimitri, frère du tsar défunt, Fédor Ier, qui aurait échappé de peu à la mort en 1591.
En réalité, il s'agit d'un imposteur, un moine défroqué du nom de Grigori Otrepiev. Le véritable Dimitri est vraiment mort accidentellement à Ouglitch, où le régent de l'époque, Boris Godounov, l'avait relégué avec sa mère. Depuis, Boris a succédé à Fédor, mais son autorité est contestée et plusieurs le soupçonnent d'avoir assassiné le vrai Dimitri.
Les Mniszek ont-ils vraiment cru; l'imposteur? En tout cas, ils ont agi comme tel. En effet, il est tombé amoureux de Marina et, s'il devenait tsar, des perspectives séduisantes s'ouvriraient pour eux. Un contrat de fiançailles est signé. S'il réussit à ceindre la couronne, Marina recevra un million de zlotys et la ville de Pskov. De son côté, Georges obtiendra les terres de Novgorod et de Severski. Conseillé par Georges, le roi polonais accepte de lever et de financer l'armée du faux Dimitri.
Celui-ci s'empare de Moscou en juin 1605 après avoir renversé les Godounov et prend le nom de Dimitri II. En novembre, il envoie à Marina sa demande officielle de mariage qui se fait par procuration à la cathédrale de Cracovie. Sigismond III y assiste de même que des centaines de diplomates étrangers. Même le pape y a envoyé un représentant.
Au printemps 1606, Marina part retrouver son époux. Elle est accompagnée de son père et d'une suite de 4000 personnes. Elle fait une entrée remarquée à Moscou le 24 avril. Le couronnement et le mariage officiel ont lieu le 8 mai. On ne sait pas si elle s'est alors convertie à l'orthodoxie ou si elle est restée catholique.
Son règne comme tsarine ne dure pas longtemps. Moins de dix jours plus tard, c'est le coup d'État. Des conjurés entrent de force au Kremlin. Le faux Dimitri se sauve par le fenêtre mais se casse une jambe en tombant. Il est rattrapé, exécuté, brûlé et ses cendres tirés au canon vers la Pologne. Le Zemski sobor choisit alors Vassili IV Chouiski comme tsar, et son premier geste est d'emprisonner les partisans du tsar déchu. Parmi eux, se trouvent évidemment Marina et son père.
Avec le second faux Dimitri
En 1608, un second faux Dimitri menace Moscou. Il s'est installé à Touchino, à quelques kilomètres de la capitale, et s'apprête à l'assiéger. Comme le premier imposteur, il est appuyé par Sigismond III. Vassili IV prend peur et négocie une entente avec le roi polonais. Celui-ci consent à retirer son appui au prétendant contre la libération de tous les prisonniers polonais. Les Mniszek peuvent ainsi quitter Moscou.
Alors que Georges fuit vers Iaroslavl, Marina se dirige lentement vers la Pologne. Elle est rattrapée et enlevée par un détachement du second faux Dimitri qui la ramène à Touchino. Surprise ! Elle dit « reconnaître » son époux, le tsar Dimitri II, qui a miraculeusement échappé à ses agresseurs. Évidemment, ce n'est pas lui mais cette reconnaissance fait évanouir certains doutes et lui apporte de nombreux appuis.
Malheureusement pour elle, le second faux Dimitri est assassiné à son tour en décembre 1610 dans des circonstances douteuses. Un mois plus tard, le 16 janvier, naît le fils qu'elle a eu de lui. Le patriarche Hermogène, qui avait affublé le faux Dimitri du surnom de Brigand de Touchino, donne celui de « Petit Brigand »' à son héritier.
Avec Ivan Zarucki
Marina, elle, s'est trouvé un nouveau protecteur (et un nouvel amant) en la personne d'Ivan Zarucki (en), ataman des Cosaques du Don. En 1612, ses troupes entreprennent le siège de Moscou. Les autres villes russes, qui veulent faire cesser cette période de troubles interminables, mobilisent une armée et repoussent les Cosaques de Zarucki vers le sud. Une partie des Cosaques se joint à leurs milices. Les autres, sous la conduite de l'ataman, se dirigent vers Astrakhan, emportant avec eux Marina et le « Petit Brigand ».
En 1613, Marina Mniszek voit la fin de ses espérances lorsque le Zemski Sobor élit Michel III Romanov comme nouveau tsar. La population, qui ne veut pas subir les foudres du nouveau maître, les oblige, elle et Zarucki, à quitter la ville. En juin 1614, près du fleuve Yaik, dans l'Oural, ils sont encerclés, capturés et ramenés à Moscou. Zarucki subit le supplice du pal. Le « Petit Brigand », un enfant âgé de trois ans, est pendu. Marina meurt peu de mois après en prison.
par EDNA  124

VENDREDI

NOVEMBRE
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Dolores Ibarruri Gomez dite la Pasionaria 1895-1989
Femme politique espagnole est née à Gallarta, Biscaye, 1895 et morte à Madrid, 1989
Membre de la direction du parti communiste espagnol à partir de 1932, elle milita activement en faveur de la cause républicaine durant la guerre civile. Elle se réfugia à Moscou à la chute de la République et ne rentra en Espagne qu'après la mort de Franco, en 1977. Peu après elle fut élue député des Asturies (1977-1979) et demeura, jusqu'à sa mort, présidente du parti communiste.
Celle que le monde entier a connue sous le nom de «la Pasionaria» était née à Gallarta, bourgade minière proche de Bilbao, le 9 décembre 1895, à l'époque où l'Espagne perdit toutes ses colonies. A Gallarta existait d'importantes mines où le mouvement ouvrier et progressiste se développait sous l'influence communiste.
D’ascendance à la fois basque et castillane, Dolores Ibarruri Gómez était la huitième de treize enfants. Son père était mineur de charbon, dévot et carliste. La famille avait une vie misérable.
Elle eut pourtant la chance, exceptionnelle dans un tel milieu, de fréquenter l’école primaire mais ne put réaliser son rêve de devenir institutrice. Elle entama un apprentissage de couturière, puis fut bonne à tout faire et se maria à vingt ans avec un mineur asturien, Julian Ruiz; ils eurent six enfants, dont quatre moururent à la naissance. Le couple ne fut pas heureux, séparé par les emprisonnements ou les voyages.
Son mari l’introduisit dans l’univers militant, les bibliothèques populaires, les bulletins politiques et syndicaux.
Elle commença à écrire sous le pseudonyme de la Pasionaria dans El Minero de Vizcaya, en 1918. Enthousiasmée par la révolution russe, membre du Parti socialiste en 1917, elle fut de la poignée de militants socialistes qui se tournèrent vers la IIIe Internationale; en 1920, elle était membre du comité provincial de Biscaye lors de la constitution du minuscule Parti communiste d’Espagne.
Belle femme au sourire éclatant et au port de reine, elle fit une carrière obscure mais rapide et fut élu au comité central en 1930 et au bureau politique au lendemain du VIe congrès, à Séville, en 1932 au Parti communiste espagnol, année où les électeurs des Asturies l'élirent pour la première député.
Elle fut arrêtée et poursuivie à plusieurs reprises par les autorités gouvernementales inquiets de son activité politique.
Elle voyage à Moscou où elle a un entretien avec Staline. En 1934 elle participe au congrès mondial des femmes à Paris. Prise par son activité politique intense, elle ne peut s'occuper de ses enfants qu'elle envoie en Union Soviètique pour poursuivre les études. Élue en février 1936 député sur la liste du Front populaire aux Asturies, elle devint vice-présidente des Cortes. Elle y défendit les catholiques et la constitution républicaine.
Pendant la guerre civile qui éclata quelques semaines plus tard, celle qu’on appelait la Pasionaria eut une activité fondamentale en s'adressant régulièrement à la population, et en se déplaçant très souvent au front. Sa personnalité chaleureuse, ses dons d’oratrice, l’impact de sa silhouette, vêtue de noir, de veuve des héros lui donnaient une dimension presque mythique.
Quand l’U.R.S.S. abandonna à l’automne de 1936 sa politique de non-intervention, la défense de Madrid passa au centre de l’attention de l’opinion mondiale. Avec ses formules célèbres «No pasarán» («Ils ne passeront pas»), «Antes morir de pie que vivir de rodillas» «Plutôt mourir debout que de vivre à genoux», elle incarna aux yeux de millions de ses contemporains la volonté de résistance au fascisme du peuple espagnol. Son adieu aux brigades internationales fut à cet égard très émouvant.
À la fin de la guerre civile, elle quitta l’Espagne en avion le 6 mars 1939 pour l'URSS.
Son fils mourut en combattant sur le front Russe en 1942, à Stalingrad. Elle en fut très affecté.
Sa position demeurait solide: membre du secrétariat de l’Internationale communiste en 1940 elle succéda à Díaz au secrétariat général du P.C.E. en 1942 et signa en tant que membre du présidium la résolution dissolvant l’Internationale communiste.
Résidant partiellement à Paris au lendemain de la guerre, elle se replia à nouveau sur l’U.R.S.S. pendant la guerre froide. En 1960, elle devint présidente du P.C.E., laissant le secrétariat général à Santiago Carrillo. Elle se maintint dès lors sur une position centriste, évitant rupture et éclats, tolérant 1’«eurocommunisme», mais n’oubliant jamais la référence à l’U.R.S.S. Elle voyaga à Cuba, en Chine, en Italie, en Suisse et en Yougolavie.
Elle revint en Espagne le 13 mai 1977, un an après la mort de Franco. Elle a alors 80 ans, et a passé 38 ans en exil. Elle revint en Asturies où elle fut à nouveau élu député. Elle n'abandonna jamais ses combats, et participa ainsi à la manifestation des mères sur la place des mères en Argentine. Elle vécut dans une retraite modeste, mais entourée d’honneurs.
Ses funérailles en 1989, eurent un caractère d’unanimité nationale avec l’hommage du personnel politique dans son ensemble et de centaines de milliers de Madrilènes et d’Espagnols pour qui cette femme de modeste envergure était devenue le symbole de la lutte populaire contre le fascisme.
Bio: mosaique.levillage.org

par EDNA  123

MARDI

NOVEMBRE
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Eliška Junková, née Alžběta Pospíšilová, connue également sous le nom d'Elizabeth Junek, le 16 novembre 1900 à Olomučany en Moravie-du-Sud, Empire autro-hongrois et morte le 5 janvier 1994 à Prague, est une pilote automobile tchèque, considérée comme étant l'une des meilleures femmes pilotes dans l'histoire du Grand Prix automobile. Elle termina notamment quatrième du Grand Prix d'Allemagne 1927 (vainqueur de classe moins de 3,0 l et d'une Coupe des Dames) sur Bugatti Type 35 de 2,0 l.
Enfance
Sixième des huit enfants d'un forgeron à Olomouc en Moravie, dans l'Empire austro-hongrois, elle a été surnommée « Smisek » dès son plus jeune âge en raison de son sourire omniprésent. À la fin de la Première Guerre mondiale, lorsque sa Moravie natale devint partie de la nouvelle République tchécoslovaque, elle trouva un emploi à la Banque Olomouc grâce à ses compétences en langues étrangères, développées en raison de son désir de voyager de par le monde. C'est là qu'elle rencontra Vincenc « Cenek » Junek, un jeune et ambitieux banquier qui partageait sa fascination pour la vitesse et deviendra plus tard son mari.
Son travail l'amena d'abord à Brno puis à Prague, puis à l'étranger en France et à Gibraltar, bien que la bureaucratie l'empêche de voyager en Afrique du Nord, à Londres ou à Ceylan comme elle en avait l'intention. Elle retourna ensuite à Paris pour rejoindre son amour, qui était alors devenu assez riche pour se consacrer à sa passion automobile.
Eliška se rappellera plus tard : « S'il doit être l'amour de ma vie, je ferais mieux d'apprendre à aimer ces damnés engins. » Mais elle tomba bientôt elle-même sous le charme des voitures de course de l'époque, particulièrement les Bugatti. Ils retournèrent à Prague en 1922, où elle prit clandestinement des leçons de conduite pour obtenir son permis. Entre-temps, Cenek avait commencé à concourir sérieusement. Il remporta en catégorie la course de côte de Zbraslav-Jiloviste en 1922, l'année où ils se marièrent enfin.
Au volant
La même année, le couple acheta une Mercedes, puis une Bugatti Type 30 qui avait précédemment concouru au Grand Prix automobile de France. Au début, elle travailla en tant que mécanicien de course auprès de son mari, mais une blessure à la main de son mari datant de la Première Guerre mondiale, qui affectait sa capacité à passer les vitesses, l'amena à le remplacer au volant. L'année suivante, elle courut seule, et à Lachotin-Tremosna remporta la course dans la catégorie Grand tourisme, devenant ainsi une célébrité du jour au lendemain. Elle finit ensuite première à Zbraslav-Jiloviste en 1925, et les Junek achetèrent leur deuxième Bugatti pour célébrer l'événement. Dès 1926, Eliška avait atteint un niveau qui lui permettait de participer à des courses dans toute l'Europe contre les meilleurs pilotes masculins de l'époque. Alors qu'elle gagnait en notoriété, s'attirant le surnom « Reine du volant » dans la presse automobile, Eliška fut anglicisé pour devenir Elizabeth.
En 1926, elle termina seconde dans la course de côte du Col du Klausen en Suisse, puis disputa le Targa Florio en Sicile, une course où l'endurance importait autant que la vitesse en raison d'une piste difficile, souvent boueuse. Mais Eliška était un pilote d'une grande technicité et elle est souvent mentionnée comme étant l'un des premiers pilotes à marcher le long d'un circuit avant la course, notant les principaux repères et repérant la meilleure ligne dans les virages. Exploitant ses préparations minutieuses au mieux, elle était en quatrième position avant de devoir abandonner à la suite d'un accident, performance qui lui valut un grand respect. En 1927, elle remporta la catégorie voitures de sport 3 litres au Grand Prix d'Allemagne à Nürburg et le handicap dames 50 kilomètres organisé à Montlhéry durant les 24 heures de Paris
Dans le but de remporter le Targa Florio de 1928, elle acheta une nouvelle Bugatti Type 35B afin de pouvoir concourir d'égale à égal avec ses meilleurs concurrents masculins. À la fin du premier tour, Eliška était en quatrième position derrière le fameux Louis Chiron dans sa Bugatti sponsorisée, mais au deuxième tour elle prit la tête. Au dernier tour, elle rencontra divers problèmes qui l'amenèrent à finir cinquième, se classant tout de même devant 25 autres concurrents de premier ordre, dont Luigi Fagioli, René Dreyfus, Ernesto Maserati et Tazio Nuvolari.
Tragédie
Au Grand Prix allemand au Nürburgring en juillet 1928, elle partagea la conduite avec son mari. Juste après l'avoir remplacée, son mari fit une sortie de piste et fut tué sur le coup. Eliška fut profondément affectée ; elle abandonna la course automobile, vendit ses voitures, et retourna à sa première passion, le voyage. Ettore Bugatti en personne lui offrit une nouvelle voiture pour son voyage à Ceylan, et l'embaucha pour explorer de nouvelles perspectives commerciales en Asie.
Eliška finit par se remarier peu après la Seconde Guerre mondiale. Mais de 1948 à 1964, les autorités communistes, désapprouvant le style de vie bourgeois et flamboyant qu'« Elizabeth Junek » avait mené, lui interdirent tout voyage à l'étranger. Tout comme Hellé Nice, sa célèbre homologue française, elle fut plus ou moins oubliée du monde de la course automobile. Mais elle vécut plus de 90 ans, assez pour voir tomber le rideau de fer et pour que la « Reine du volant » retrouve sa place dans l'histoire de la course automobile. En 1989, à l'âge de 88 ans, et contre les conseils de son médecin, elle participa en tant qu'invitée d'honneur à un événement Bugatti aux États-Unis.
Elle s'est éteinte paisiblement en 1994 à Prague, en République tchèque, âgée de 93 ans.

par EDNA  133

SAMEDI

OCTOBRE
2016
PORTRAITS DE FEMMES
 
Micheline Ostermeyer, épouse Ghazarian, née le 23 décembre 1922 à Rang-du-Fliers, décédée le 17 octobre 2001 à Bois-Guillaume, est une ancienne athlète française, double médaillée olympique et détentrice de 13 médailles d'or en France dans sept disciplines différentes, et également une pianiste renommée.
Née en France, elle passe sa jeunesse en Tunisie où elle apprend le piano. Devant ses capacités, elle revient en France pour entrer au Conservatoire avec l'aide de Lazare-Lévy. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Tunisie où, grâce à un père sportif, elle découvre le sport, pratiquant le basket-ball et l'athlétisme. Dès la fin de la guerre, elle devient concertiste, obtenant le premier prix de piano au Conservatoire de Paris (« Je consacre cinq heures par jour au piano et cinq heures par… semaine au sport ! »).
En parallèle, elle pratique toujours le sport et participe aux Championnats du monde universitaires de 1947 (médaille d'or en hauteur et au poids) et aux Jeux de Londres en 1948. À ces derniers, elle remporte trois médailles, deux titres olympiques au lancer du poids et au lancer du disque, et une médaille de bronze au saut en hauteur, tout en donnant un concert le soir de sa victoire au lancer du poids1. Elle est ainsi la première athlète française championne olympique. Seuls les quatre titres de Fanny Blankers-Koen l'empêchent de devenir la reine de ces Jeux.
Au disque, discipline qu'elle découvre trois semaines auparavant, elle progresse d'un mètre à chaque essai, pour terminer avec un lancer à 41,92 m. Cinq jours plus tard, elle gagne sa seconde médaille d'or en lançant, dès son premier essai, le poids à 13,75 m. Elle passe, également, 1,61 m pour obtenir la troisième place en hauteur2.
Athlète complète, elle remporte treize titres de championne de France dans sept disciplines différentes, que ce soit dans des courses, lancers ou sauts (titres aux 60 m, 80 m, haies, 4 × 100 m, hauteur, poids, disque et pentathlon) et elle bat dix-neuf records de France (1 au 80 m haies, un en hauteur, dix au poids, quatre au disque et trois au pentathlon).
Elle sera également championne d'Afrique du Nord et du Liban en basket-ball.
Elle remporte deux nouvelles médailles de bronze aux championnats d'Europe de Bruxelles, sur 80 mètres haies et au lancer du poids en 1950, après ses médailles d'argent sur 100 m et au poids gagnées en 1946.
Elle arrête l'année suivante la compétition sportive après seulement neuf sélections en équipe de France A de 1946 à 1951 (elle sera également licenciée au Stade français en fin de carrière), pour se consacrer à la musique dans une carrière de concertiste, qu'elle exerce jusqu'à la fin de ses jours..
"Douce, paisible, effacée, à l'opposé de toutes celles qui jouent les stars après avoir gagné un titre ou deux". dira d'elle André Halphen, au printemps 2003

par EDNA  129

              
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