VENDREDI

AVRIL
2017
THE GIRL FROM POMONA
 
L'actrice Jessica Alba a cofondé et préside The Honest Company, qui propose des produits cosmétiques et ménagers présentés comme naturels. - Photo Noam Galai/Getty
Aujourd'hui, la start-up aurait généré près de 300 millions de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier.Un géant de la grande consommation serait sur les rangs.
The Honest Company pourrait finalement ne pas passer par la case Wall Street. La start-up cofondée et présidée par Jessica Alba serait en discussion avec un géant américain de la grande consommation, du type Unilever ou Procter & Gamble, intéressé par un rachat, croit savoir le site américain Recode.
Fondée en 2011, la jeune pousse propose des produits pour bébé, d'entretien de la maison ou encore de maquillage à base d'ingrédients présentés comme naturels. Connue pour ses prestations dans les films « Sin City », « Les 4 Fantastiques » ou la série « Flipper le dauphin », l'actrice américaine a notamment pour associé l'ancien avocat Brian Lee. Directeur général de The Honest Company, celui-ci est connu pour avoir déjà lancé une start-up avec une célébrité en 2009 : Shoedazzle (un site de vente de chaussures) avec Kim Kardashian.
Il y a un an, un tour de table de 100 millions de dollars avait valorisé The Honest Company à 1,7 milliard. En tout, la licorne a levé 222 millions depuis sa création. Une ascension fulgurante émaillée cependant de quelques heurts. Depuis un an, les « bad buzz » pleuvent. La société fait face à plusieurs actions de groupe de consommateurs lui reprochant, entre autres, l'inefficacité de ses crèmes solaires ou le fait que plusieurs de ses produits contiennent des composants synthétiques, et donc de pratiques commerciales trompeuses. Début mai, la start-up a réagi publiquement en affirmant se conformer à la législation américaine en vigueur.
Pour l'heure, cela ne semble pas lui être préjudiciable. D'après Recode, son chiffre d'affaires a grimpé à près de 300 millions de dollars l'an dernier, soit le double sur un an (150 millions) et 6 fois plus qu'en 2013 (50 millions). Si 40 % de ses revenus proviennent des canaux physiques traditionnels et de supermarchés tels que Target et Whole Foods, la majorité de ses recettes est générée par les ventes en ligne sur ses sites honest.com et honestbeauty.com. De quoi susciter l'intérêt de groupes historiques qui ne sont pas les mieux positionnés sur le segment de l'e-commerce. Fin juillet, Unilever a ainsi déboursé près de 1 milliard de dollars pour acquérir le site Dollar Shave Club, le leader de la vente de rasoirs en ligne.
Source: business.lesechos.fr

par MANTEAU  62

LUNDI

AVRIL
2017
THE GIRL FROM POMONA
 
Jessica à l'aéroport JFK à NEW YORK en Janvier. Mon second prénom c'est Brosse à Dent, Jessica !

par MANTEAU  37

LUNDI

AVRIL
2017
THE GIRL FROM POMONA
 

par MANTEAU  71

VENDREDI

MARS
2017
THE GIRL FROM POMONA
 

par MANTEAU  51

MERCREDI

MARS
2017
THE GIRL FROM POMONA
 
Cash Warren assure que le complexe de sa femme de ne pas avoir fait d’études a cédé la place à une belle confiance en elle. « Pour la première fois, elle réalise qu’elle est intelligente. Elle se réveille en pensant à Honest ; elle se couche en y pensant encore. » En 2015, elle fait en même temps les couvertures des magazines de fitness Shape et d’économie Forbes, ce dernier la classant parmi les femmes autodidactes les plus riches d’Amérique. L’article clame qu’elle vaut 200 millions de dollars et possède entre 15 et 20 % des parts de Honest (elle refuse de confirmer toute information concernant ses finances ou celles de son entreprise).
« Lorsqu’on me demande s’il y a une entreprise dans laquelle je regrette de ne pas avoir investi, je réponds toujours Honest », déclare Kirsten Green, investisseuse en capital-risque chez Forerunner, actionnaire de Bonobos, Warby Parker et ­Reformation. Green dit qu’Alba a redéfini le business model de la célébrité, en l’éloignant des aspirations inaccessibles d’une star grâce à un véritable lien avec les consommateurs. Les célébrités ne peuvent pas se contenter de poser à côté d’un produit, et elles sont plusieurs – comme Reese Witherspoon, qui a lancé Draper James où Green a investi – à vouloir suivre l’exemple de Jessica Alba.
Chiffon à la main et pâtisseries sans gluten
Quelques semaines après ma visite dans ses bureaux, Jessica Alba me conduit au Grove, un mall ultrachic installé en plein air où elle ouvre une boutique éphémère. Il s’agit du premier espace consacré entièrement à la vente des produits Honest et elle est impatiente de se frotter à la vente « pour de vrai ». Derrière l’hôtel Peninsula, elle me montre son premier appartement et se souvient de ses débuts d’entrepreneuse. « Si c’était si facile, tout le monde le ferait. Il faut être un peu fou et ne manquer ni de jugeote ni de ténacité. La plupart des gens abandonnent au premier obstacle. Pour les entrepreneurs, s’il n’existe pas de chemin, il faut l’inventer. On brise le béton ; on balance de la dynamite ; on trouve une solution. »
Dès notre arrivée, Jessica Alba redevient patronne. Elle exprime ses doutes sur le choix des emplacements pour les tableaux et nettoie un étalage avec un chiffon. « Et les uniformes ? On trouvait que les tout blancs faisaient trop personnel de croisière et les tout noirs trop Sephora. » Elle a donc opté pour des uniformes en jean. Elle m’emmène ensuite chez Sprinkles Cupcakes où elle s’assure qu’il y aura des pâtisseries sans gluten à la soirée d’inauguration. En sortant, elle remarque que les affiches annonçant l’ouverture de son pop-up store ne sont pas dans le bon sens. Sans perdre un instant, elle laisse tomber son sac à main et les remet à l’endroit. « Vous pensez que Steve Jobs aurait fait ça ? » lui ­demandé-je. « Je n’en sais rien, me répond-elle dans un grand sourire hollywoodien. Mais je le fais à ma façon. »
Cet article a été d'abord publié dans le numéro de février 2016 de Vanity Fair France.
par MANTEAU  63

MARDI

MARS
2017
THE GIRL FROM POMONA
 
« Les gens doutaient de mes qualités d'actrice et c'est quelque chose qui m'a motivée », confie Jessica Alba. Photo Carter Smith. Robe Giorgio Armani, boucles d'oreilles Van Cleef & Arpels.
Dix-huit mois plus tard, Brian Lee a eu un bébé à son tour et lorsque sa femme se met à chercher frénétiquement des moyens d’assainir sa maison, il comprend à quel point le concept de Jessica Alba était pertinent. Dans l’intervalle, cette dernière a précisé son idée et renommé son entreprise Honest. « Entre notre première et notre deuxième rencontre, ma femme avait bouleversé toute ma vie. La bataille de Jessica pour des produits plus sains pour la famille, ça voulait dire quelque chose pour moi. » Convaincu, Brian Lee propose à Sean Kane de PriceGrabber.com de devenir président et cofondateur de la société. Avec Jessica Alba et Christopher Gavigan, les quatre fantastiques de Honest sont réunis. « Nous sommes en mission commerciale, dit Brian Lee. Notre mission est de rendre le foyer plus sûr pour tout le monde. »
En 2012, pour le premier exercice, les ventes atteignent 10 millions de dollars. L’entreprise s’est lancée avec une ligne qui ne compte que 17 produits dans la catégorie couches et lingettes, à la carte ou livrés chaque mois à ses abonnés. « Pénurie de couches ? C’est le cauchemar des parents », argumente Jessica Alba. En 2015, avec plus de 135 références (dentifrice, baume d’allaitement, vitamines, lessive, etc.) vendues en ligne ou chez l’un des 4 400 distributeurs, sans compter la boutique en ligne HonestBeauty.com lancée à l’automne, le montant des ventes dépasse 150 millions de dollars.
En septembre, l’entreprise traverse sa première crise. Des consommateurs intentent une action de groupe, accusant Honest de vendre un écran total inefficace. « Cela nous a appris qu’il fallait offrir de la pédagogie avec notre produit », dit Jessica Alba, ajoutant que Honest dispensera des cours de bronzage sans risque en 2016. L’année précédente, une cinquième levée de fonds a rassemblé 100 millions de dollars, qualifiant Honest pour le statut de « licorne », ces start-up valorisées à 1 milliard de dollars en moins de cinq ans (Honest y est parvenu en trois). L’entreprise se lance en Corée du Sud en 2015 et envisage de conquérir de nouveaux marchés internationaux.
Le succès de Honest donne à Jessica Alba une visibilité qu’elle n’a jamais atteinte comme actrice. Lors de sa première apparition sur le tapis rouge des Oscars en 2006, elle se disait : « Si je parle trop longtemps à quelqu’un, il saura que je n’appartiens pas à ce milieu. » Désormais, elle n’a plus ce genre d’angoisse. « J’ai cessé d’attacher autant d’importance au fait que les gens m’apprécient. » Quand je lui demande comment elle partage son temps entre sa carrière de femme d’affaires et de mère, elle me retourne la question : « À combien d’hommes demande-t-on ça ? »
Cet article a été d'abord publié dans le numéro de février 2016 de Vanity Fair France.
A suivre...
par MANTEAU  50